International

Guerre au Moyen-Orient : Trafic maritime record dans le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit

Au moins 37 navires de matières premières ont franchi le détroit d’Ormuz lundi, un trafic maritime record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon Kpler. Depuis le 15 juin, la moyenne d’embarcations franchissant le détroit a été estimée à près de 28 par jour au cours des cinq derniers jours.


Un possible signe de début de normalisation. Lundi, au moins 37 navires transportant des matières premières ont traversé le détroit d’Ormuz, établissant un record de trafic maritime depuis le début du conflit au Moyen-Orient. C’est ce que révèlent les données fournies par la plateforme Kpler, près d’une semaine après la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.

En intégrant les porte-conteneurs, au moins 42 navires commerciaux ont franchi le détroit ce jour-là, un autre record selon AXSMarine, fournisseur de données de navigation. Ce trafic représente plus d’un tiers des passages habituels en temps de paix (environ 120 par jour) à travers ce passage vital pour le commerce mondial, où transitent normalement un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures ainsi que d’autres matières premières essentielles.

« Un début de normalisation du trafic »

Au cours de la guerre, entre le 1er mars et le 14 juin, moins de 10 navires transportant des matières premières passaient en moyenne par le détroit chaque jour. Depuis le 15 juin, lendemain de l’annonce de l’accord, la moyenne est passée à 21, et même près de 28 au cours des cinq derniers jours. Parmi les navires ayant traversé le détroit lundi, Kpler a comptabilisé cinq méthaniers, alors que les armateurs de ces navires étaient jusqu’alors très prudents.

La présence de ces méthaniers « pourrait constituer l’un des signes les plus clairs à ce jour d’un début de normalisation du trafic », a déclaré Mihail Todorov, d’AXSMarine, à l’AFP.

La gestion du détroit

Le détroit d’Ormuz a donc été réouvert la semaine dernière, mais Téhéran a annoncé samedi sa fermeture en réponse aux attaques d’Israël au Liban. Depuis, des ententes ont été trouvées entre Téhéran et Washington concernant des mécanismes pour faire cesser les affrontements au Liban et sécuriser le détroit d’Ormuz.

L’administration du détroit « ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre », a affirmé mardi Mohammad Bagher Ghalibaf, représentant de l’Iran dans les négociations avec les États-Unis, selon des propos rapportés par l’agence officielle Irna. « L’Iran administrera » le détroit, a-t-il souligné. Son équipe de négociateurs s’est rendue à Oman pour discuter spécifiquement de la gestion du détroit d’Ormuz, d’après Irna.

Dans l’intervalle, la flotte de pétroliers iraniens, sous sanctions internationales et particulièrement ciblée par la marine américaine avant l’accord, peut à nouveau naviguer librement, Washington ayant permis « jusqu’au 21 août […] toutes les transactions » concernant la production, la vente et le transport d’hydrocarbures d’origine iranienne.