Violences sexuelles : Un collectif demande aux hommes d’agir.
Une proposition de loi a été déposée aux Etats-Unis pour accorder un « permis de tuer » les femmes qui avortent. Dans un texte publié dans La Tribune, les 27 signataires s’indignent que « partout, les hommes attaquent les femmes » et relèvent l’absence des hommes en manifestation lors d’agressions.
« Petites filles [afghanes] de 8 ans [qui] ont le droit de se taire et d’être mariées à des adultes », cheveux coupés « de têtes de femmes massacrées en Iran au cours des manifestations de ces derniers mois », une proposition de loi déposée aux États-Unis pour accorder un « permis de tuer » les femmes qui avortent, affaire Lyhanna… La liste des violences sexistes et sexuelles auxquelles sont exposées les femmes dans le monde, dressée par les signataires de la tribune, est longue.
Dans ce texte publié dans La Tribune dimanche, les 27 signataires, dont Laura Smet, Caroline Roux, Gisèle Pelicot et Anne Roumanoff, s’interrogent et s’indignent que, « partout, les hommes attaquent les femmes ». Elles dénoncent le manque d’implication et de considération du sexe masculin pour la défense des droits et de la liberté des femmes. « Pourquoi et comment se fait-il que l’on puisse légitimement se demander, s’il n’y a que deux sortes d’hommes : ceux qui agressent et ceux qui ne font rien ? » posent-elles.
« Ça suffit »
Considérant que « violences faites aux femmes sont des mots dont la réalité n’intéresse personne », elles s’interrogent sur le peu d’hommes prenant publiquement position pour la défense des droits des femmes. Elles relèvent l’absence des hommes en manifestation, lorsqu’une femme se fait agresser ou insulter ou quand l’un des leurs se comporte « n’importe comment ».
Et quand la violence d’un individu est connue, « on préfère limiter les mouvements de l’éventuelle victime, faire perdurer le stress et le risque auxquels elle s’expose plutôt que de dire non à l’éventuel agresseur », soulignent-elles. Quant à la « menace masculiniste » qui « explose sur les réseaux sociaux », elles dénoncent les « dix ans de retard de politique de prévention [de la France] par rapport aux pays voisins ».
Les signataires appellent ainsi les hommes à se bouger, alors qu’ils ne risquent pas « de se prendre une balle dans la peau », contrairement aux hommes afghans qui ont manifesté le 11 juin au péril de leur vie en soutien à leurs mères, leurs sœurs, leurs filles, rappellent-elles. « Messieurs, […] rejoignez-nous, questionnons-nous ensemble et n’acceptons plus. Ça suffit », concluent-elles.
