
Découverte de la marque Foxtron lors de VivaTech : qu’est-ce que c’est ?
Foxtron, la branche automobile de Foxconn, a exposé deux modèles de voitures électriques à VivaTech, la Model B et la Model D. Le calendrier pour la création d’une nouvelle marque européenne en Pologne prévoit une mise en service autour de 2029, avec une capacité initiale de 100 000 voitures par an.
Le sous-traitant qui assemble votre iPhone présente ses propres voitures électriques lors de VivaTech. Cependant, il ne sera pas possible d’en acheter une, du moins pas tout de suite, et probablement jamais sous cette marque.
En flânant dans les allées de VivaTech, on découvre un crossover électrique au design soigné, portant un logo inconnu et sur lequel on peut monter. Ce modèle est étiqueté « Foxtron ». En cherchant dans sa mémoire, on reste dans le flou. Ce nom ne résonne pas, ce qui est normal, car cette marque vend ses véhicules à Taïwan, pas en France. En revanche, le groupe qui la représente est bien connu, même s’il reste dans l’ombre. Il s’agit de celui qui assemble les iPhone.
Foxtron est la branche automobile de Foxconn, officiellement nommée Hon Hai. C’est aussi une coentreprise avec le constructeur taïwanais Yulon. Ce géant de l’électronique, qui fabrique la quasi-totalité des iPhone d’Apple, fait ses débuts en Europe à VivaTech. Et il n’est pas venu les mains vides.
Sur le stand, deux voitures électriques sont présentées : la Model B, commercialisée à Taïwan sous le nom de BRIA, un crossover de 4,3 mètres, d’un gabarit similaire à celui d’une Volkswagen Golf, équipé d’une batterie de 57,7 kWh et affichant une autonomie annoncée jusqu’à 516 km.
À côté se trouve la Model D, un monospace de plus de 5 mètres dessiné par le carrossier italien Pininfarina. Le tout est entouré de serveurs d’intelligence artificielle et d’un robot humanoïde, afin de bien communiquer le message : Foxconn n’est plus seulement l’usine à iPhone.
L’aspect le plus intéressant réside dans l’approche de Foxconn. La véritable innovation ne provient pas de la BRIA, qui est élégante mais conventionnelle. C’est le modèle économique qui se distingue. Foxconn ne vise pas à devenir une marque automobile concurrente de BYD ou Volkswagen.
Son intention est de reproduire dans le secteur automobile ce qu’il a réussi à mettre en place dans le domaine des smartphones : fabriquer des produits qui seront vendus par d’autres sous leur propre nom. En termes techniques, cela se traduit par le CDMS, le service de conception et de fabrication sous contrat. Foxconn aspire à être le fabricant invisible, dont le logo ne figurera jamais sur le véhicule.
Ainsi, les voitures présentées à VivaTech ne servent pas de catalogue de vente, mais agissent comme une vitrine. Il est utile de noter que le chiffre « jusqu’à 516 km » de la BRIA est calculé selon le cycle NEDC, une norme généreuse désormais abandonnée en Europe : en cycle WLTP, ce chiffre diminuerait considérablement.
L’accord déjà exécuté en 2025 avec Mitsubishi, pour laquelle Foxtron doit produire un modèle électrique, prévu pour être lancé en Océanie au second semestre 2026, illustre cette stratégie. La voiture sera identique, seul le nom sur le coffre changera.
En ce qui concerne l’Europe, il n’y a rien à acheter pour l’instant, et le calendrier reste flou. La Pologne servira de porte d’entrée.
En mai 2026, Foxconn a été choisi comme partenaire stratégique par ElectroMobility Poland, une entité liée à l’État polonais. Le projet envisage une coentreprise pour créer une nouvelle marque européenne, située en Pologne, avec une usine à Jaworzno et trois modèles électriques au lancement.
Foxconn apporterait sa plateforme modulaire MIH, ses financements et son savoir-faire. Toutefois, l’accord final n’est pas encore signé : les parties l’attendent pour le second semestre 2026. Les détails restants, tels que le nom de la marque, les prix ou les dates, seront précisés ensuite.
Le calendrier en Pologne est éloigné : selon ElectroMobility Poland, la construction de l’usine à Jaworzno ne devrait pas démarrer avant le printemps 2027, avec une mise en service prévue autour de 2029, et une capacité initiale de 100 000 voitures par an. En d’autres termes, même si tout se conclut à temps, les premières voitures « polonaises » de Foxconn ne seront pas disponibles avant plusieurs années.
La Pologne avait déjà tenté un projet de marque nationale, Izera, qui n’a jamais vu le jour. Cette fois, un industriel taïwanais avec des ressources considérables prend la relève. Foxconn doit encore prouver sa capacité à livrer une voiture en série, et non seulement un concept attrayant sur un stand.
