
Rentrée 2026 : les horaires difficiles des écoles secondaires
Au cours de la prochaine rentrée scolaire, les enseignants de 4e, 5e et 6e secondaires devront faire face à une augmentation de deux heures de leur charge de travail. À l’athénée provincial mixte Warocqué de Morlanwelz, le directeur Julien Bauduin a déclaré : « À partir du moment où on augmente tout le monde de 10%, forcément, ceux qui sont en queue de peloton ou les moins anciens vont perdre leur emploi ou, en tout cas, une partie de leur emploi. »
Remplir des colonnes, attribuer ou retirer des heures de cours… Cela fait plusieurs semaines que ce directeur essaie de finaliser l’horaire de la prochaine rentrée scolaire. Mais cette année, les mesures d’économie dans l’enseignement perturbent l’organisation des établissements, en particulier avec l’augmentation de deux heures de travail pour les enseignants de 4e, 5e et 6e secondaires. Les conséquences sont concrètes pour les directions.
Et les derniers, quand on n’a plus d’heures, on doit les voir, leur expliquer la situation, le drame qu’ils vont vivre.
À l’athénée provincial mixte Warocqué de Morlanwelz, certains enseignants risquent de perdre une partie de leur charge. Julien Bauduin, directeur de l’établissement, explique : « À partir du moment où on augmente tout le monde de 10%, forcément, ceux qui sont en queue de peloton ou les moins anciens vont perdre leur emploi ou, en tout cas, une partie de leur emploi. On travaille toujours par ancienneté : on charge d’abord les plus anciens, puis on descend dans la liste. Et les derniers, quand on n’a plus d’heures, on doit les voir, leur expliquer la situation, le drame qu’ils vont vivre. »
Des planificateurs bénévoles
À Verviers aussi, les directions doivent s’adapter à ces deux heures supplémentaires. À l’athénée Thil Lorrain, la nouvelle organisation impose parfois de répartir une même matière entre plusieurs enseignants. Dahlia Wolf, directrice de l’établissement, précise : « On a pas mal de matières, en tout cas dans l’enseignement général, qui sont organisées en bloc de quatre heures. Dans le degré supérieur, on avait tendance à donner à nos collègues cinq blocs de quatre heures. Cinq fois quatre, cela faisait 20 heures. Et là, il faudra arriver à 22 heures. Cela veut dire que certaines classes, par exemple en français, vont avoir deux professeurs de français. »
Pour résoudre ce casse-tête, les équipes chargées de la confection des horaires sont pleinement mobilisées. Certaines planificatrices ont même accepté de travailler bénévolement pendant une quinzaine de jours durant les vacances d’été : « Il faut que tout soit prêt pour le 24 août, lorsque nous accueillerons les premiers élèves. Il faut aussi que, deux ou trois jours plus tard, lorsque les autres années arriveront, les horaires soient finalisés et que les cours puissent commencer dès le lendemain. On n’a pas le choix. »
L’arrivée du tronc commun
Un autre changement majeur : l’arrivée du tronc commun en première année et la suppression de la première année différenciée. Ces réformes alourdissent encore davantage la charge de travail des directions et la nature du métier, comme l’explique Julien Bauduin : « C’était un métier où j’allais à la rencontre des enseignants, du personnel, des élèves et des parents. On prenait la température, on était très disponibles. Aujourd’hui, on s’enferme de plus en plus dans nos bureaux parce qu’il y a d’énormes changements. Ce sont des réformes, d’accord, mais il faut surtout trouver des solutions. Nous sommes devenus les MacGyver de l’enseignement, à essayer de mettre des rustines un peu partout pour que l’école continue à fonctionner. »
Aujourd’hui, on s’enferme de plus en plus dans nos bureaux parce qu’il y a d’énormes changements.
Dans cet établissement, comme dans beaucoup d’autres, la rentrée est attendue avec inquiétude. Les directions redoutent un climat tendu alors que la colère des enseignants ne semble pas retomber.
