Belgique

Gaia porte plainte contre l’abattoir d’Ath et demande sa fermeture.

Gaia a demandé au ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont, d’ordonner sans délai la fermeture immédiate de l’établissement. Selon Gaia, l’abattoir d’Ath concentre près de deux tiers de l’activité d’abattage ovin de la Région, avec quelque 20.000 moutons abattus chaque année.


**L’abattoir d’Ath sous enquête après des pratiques inacceptables révélées par Gaia**

Gaia a demandé au ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), d’ordonner sans délai la fermeture immédiate de l’établissement en raison de la gravité exceptionnelle des faits constatés, de leur répétition sur plusieurs mois et de leur caractère structurel.

Les images diffusées montrent des animaux abattus sans étourdissement, saignés à vif et soumis à des électrochocs. Gaia souligne que ces pratiques sont totalement contraires à la législation européenne et wallonne relative à la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez Gaia, alerte sur des « défaillances répétées de l’étourdissement, d’actes de brutalité et de cruauté qui se reproduisent pendant plusieurs semaines », infligeant des souffrances graves et volontaires aux animaux concernés.

L’abattoir d’Ath, mis en service en 1958, était jusqu’à récemment un abattoir communal. Depuis 2026, il est exploité par la coopérative WapiMeat, fondée en juin 2025 par quinze éleveurs, bouchers et acteurs de la filière viande de Wallonie picarde. Selon Gaia, WapiMeat bénéficie de subventions de plusieurs communes. Avec environ 20.000 moutons abattus chaque année, cet abattoir concentre près des deux tiers de l’activité d’abattage ovin de la Région.

**Des images inacceptables selon WapiMeat**

Pierre-Etienne Durieux, consultant pour WapiMeat, a reconnu que c’est une vidéo choc qui les a également choqués. Il a admis des parts de responsabilité, affirmant que, sur l’ensemble de la vidéo, trois pratiques inadaptées avaient été identifiées et pour lesquelles des mesures avaient déjà été prises.

La coopérative a expliqué que la vidéo contient des extraits d’abattage de « bêtes d’accident » pour lesquelles un protocole spécialisé existe. Ces situations seraient très rares et ne représenteraient qu’environ moins de 1% des cas. WapiMeat précise que ces animaux accidentés sont étourdis puis abattus au sol, et qualifie la séquence montrant un porc égorgé sans étourdissement de « montage grossier ».

WapiMeat a également signalé que l’utilisation abusive de moyens de stimulation électriques provenait d’un opérateur extérieur et d’un ouvrier qui utilise l’abattoir une journée par semaine. Cet ouvrier a été mis à pied. L’organe d’administration a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.

**Des contrôles approfondis demandés**

Le ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont, a assuré qu’un contrôle approfondi serait effectué rapidement et a demandé toutes les images de vidéosurveillance des deux dernières semaines. S’il y a des infractions, l’abattoir risque une fermeture administrative.

La Fugea a dénoncé ces manquements dans la gestion de l’abattoir, si ceux-ci sont avérés par l’enquête, et appelle à une réflexion plus large sur l’avenir des outils d’abattage en Wallonie. La ville d’Ath a également réagi en condamnant fermement toute forme de maltraitance animale et en indiquant qu’elle se réserve le droit de prendre « les mesures nécessaires ».

Cependant, pour Gaia, la réaction des autorités reste insuffisante. « Alors que les images tournées par GAIA révèlent de graves actes de maltraitance animale, la Région wallonne et le ministre choisissent de laisser l’établissement en activité. Leur réaction ? Demander les images de vidéosurveillance des 14 derniers jours et annoncer de nouveaux contrôles. Aucune fermeture – même temporaire – n’a été ordonnée », a déploré l’association mardi soir.