
À la (re)découverte du fabuleux Lac Tonga d’El Kala.
Le lac Tonga, situé dans la commune de Souarekh (Oum El Teboul) au sein de la daïra d’El Kala, est devenu l’un des fleurons du tourisme écologique en Algérie. Ce site unique en Méditerranée a été propulsé sur la liste indicative de l’UNESCO en 2025, marquant ainsi une étape vers le patrimoine mondial de l’humanité.
Le lac Tonga, un trésor caché souvent méconnu, mérite une plus grande reconnaissance sur la scène mondiale. Situé à l’extrême est de l’Algérie, il offre un paysage spectaculaire où la jungle, les dunes et la mer se rencontrent. Récemment inscrit sur la liste indicative de l’UNESCO, ce sanctuaire de biodiversité unique en Méditerranée démontre que certains trésors naturels ont besoin d’être redécouverts, loin des sentiers touristiques habituels.
Le lac Tonga : d’un domaine oublié à une icône de l’éco-tourisme
Localisé dans la commune de Souarekh (Oum El Teboul) au sein de la daïra d’El Kala (wilaya d’El Tarf), le lac Tonga est devenu un pilier du tourisme écologique en Algérie. Aujourd’hui, ce site attire des centaines de visiteurs, allant des touristes aux chercheurs en sciences environnementales, désireux d’explorer ses ressources naturelles à bord de barques de pêche traditionnelles.
Avec une superficie de 2 600 hectares, le lac Tonga est l’un des plus grands lacs d’eau douce d’Algérie et d’Afrique du Nord. Son importance a conduit à son classement en 1983 selon la convention de Ramsar sur les zones humides d’importance internationale.
L’impulsion d’une icône locale : « Ali le Thaïlandais »
Cette transformation est largement attribuée à une figure locale, Ali Ouali, surnommé « Ali le Thaïlandais ». Cet ancien militaire a embrassé l’éco-tourisme par passion. Commençant avec une seule barque en 2004, il gère maintenant une flotte de six embarcations familiales offrant des promenades paisibles à travers la réserve.
Ali le Thaïlandais s’est imposé comme le premier guide-accompagnateur en éco-tourisme de la région. Il propose deux types de circuits : une petite traversée à 1 500 dinars algériens et un grand parcours à 3 000 dinars, accueillant aussi bien le grand public que des délégations universitaires ou des scientifiques en quête de données biologiques.
Le lac Tonga, un carrefour d’écosystèmes unique au monde
Parmi les trois grands lacs de la région (Oubeira, El Mellah et Tonga), ce dernier se distingue par sa biodiversité exceptionnelle. Le lac Tonga fait partie intégrante du Parc national d’El Kala, un espace protégé de 80 000 hectares, englobant sept zones humides cruciales (les lacs El Mellah, Oubeira, Bleu, Noir, le marais de Bourdim et la lagune d’Aïn Khiar).
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Cette réserve naturelle est remarquable pour la coexistence de quatre écosystèmes distincts :
- Le milieu marin
- Le milieu lacustre
- Le milieu forestier
- Les cordons de dunes de sable
Le parc abrite à lui seul 32 % de la flore nationale et 20 % de la faune algérienne. À l’échelle internationale, il constitue la troisième zone humide du bassin méditerranéen par son importance écologique et se positionne comme l’un des trois principaux points de passage des oiseaux migrateurs au monde, aux côtés des détroits de Gibraltar et du Bosphore.
Faune et flore du lac Tonga : un sanctuaire de biodiversité
Le lac Tonga est reconnu comme la première zone de nidification des oiseaux migrateurs en Algérie, attirant chaque année entre 70 000 et 200 000 individus, selon les données de l’UNESCO. Il sert également de refuge à des espèces menacées d’extinction telles que le cerf de Barbarie, le loup africain et l’érismature à tête blanche.
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La flore et la faune aquatiques du lac possèdent des caractéristiques notables. On y trouve la châtaigne d’eau, les nénuphars blancs et jaunes, le trèfle à quatre feuilles, le chêne-liège ainsi que le scirpe, une plante capable de filtrer naturellement l’eau des polluants et des métaux lourds.

Le mystère de l’anguille européenne
Cette espèce de poisson soulève un véritable phénomène biologique. Les jeunes civelles naissent dans les profondeurs de la mer des Sargasses (golfe du Mexique) et parcourent plus de 4 200 km à travers l’océan pour retourner, guidées par une boussole génétique, habiter le lac exact de leurs géniteurs.
Ces anguilles possèdent également des huiles naturelles reconnues pour leurs propriétés thérapeutiques contre les douleurs articulaires.
Reconnu au niveau international grâce à la convention Ramsar, le lac Tonga a franchi une étape majeure en 2025 en étant inscrit sur la liste indicative de l’UNESCO.
Ce statut représente la première étape vers le patrimoine mondial de l’humanité. Plus qu’une simple mention sur un document officiel, cette reconnaissance est une immense fierté et offre enfin à ce trésor algérien la visibilité qu’il mérite sur la scène mondiale.
