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Coupe du monde 2026 : Les Bleus savent-ils qu’ils iront loin ?

Le 19 septembre 2025, lors d’une réunion maîtresse/parents, la professeure a déclaré que la classe était un « bon groupe » avec « une belle énergie ». Neuf mois plus tard, la situation est marquée par des « bagarres dans la classe » et une enseignante en arrêt, provoquant l’indignation des parents.

De notre envoyé spécial à Boston,

Le 19 septembre 2025, nous étions sereins. Lors de la réunion de rentrée entre parents et enseignants, la professeure de notre enfant s’était montrée rassurante : « Ça se passe bien, ils ont une belle énergie, c’est un bon groupe », avait-elle déclaré. Neuf mois plus tard, le constat est lourd : bagarres en classe, enseignante en arrêt, enfants désengagés, parents mécontents…

Nous espérons que l’issue sera différente pour l’équipe de France alors que de nombreuses attentes pèsent à deux jours de leur premier match à la Coupe du monde, face au Sénégal à New York. Didier Deschamps a posé les bases au tout début du rassemblement, en insistant sur l’importance de « l’environnement de vie et de travail ». L’objectif est clair : avancer ensemble, peu importe le temps de jeu de chacun, avec comme priorité l’intérêt collectif.

« On ne veut perdre personne, il y a un accompagnement, a souligné le sélectionneur. Je connais suffisamment bien les joueurs sur le plan humain. Le groupe vit bien, il peut y avoir des affinités, la notion d’unité et de force collective est indispensable. Ceux qui n’auront pas un rôle sur le terrain, c’est difficile, mais ils auront un rôle aussi. »

« Des signaux assez peu perceptibles »

Ce discours est bien connu des joueurs, à l’image de Lucas Hernandez, qui en conférence de presse vendredi, n’a exprimé aucun regret de ne pas être le premier choix à son poste. « Que tu joues ou que tu ne joues pas, le plus important, c’est d’être là, de savoir que c’est une chance extraordinaire, des moments uniques qu’on va garder à vie », a affirmé le joueur du Paris Saint-Germain, présent pour jouer en défense centrale ou sur le côté gauche.

Alors que chacun semble conscient de son statut avant même de débuter la compétition (il semble peu probable que Maghnes Akliouche puisse devenir titulaire, par exemple), peut-on vraiment anticiper si tout se passera bien au sein du groupe pendant la compétition ? « Il y a des signaux, c’est parfois assez peu perceptible, assez difficile à expliquer, mais tu sais assez rapidement comment va se passer ta compétition », explique François Clerc, qui a participé à l’Euro 2008 avec les Bleus.

Les signaux comprennent ce fameux « groupe qui vit bien », une expérience partagée et des certitudes sur lesquelles se reposer. Les Bleus disposent de tout cela, même si leurs derniers matchs amicaux, contre la Côte d’Ivoire et l’Irlande du Nord, n’ont pas totalement rassuré les supporters. Toutefois, la situation n’est pas uniquement défavorable. L’ancien international suisse Johan Djourou se souvient d’une campagne mondiale en 2014 qui avait mal débuté, où les « signaux » étaient mauvais, avant que l’inattendu ne se produise :

« Il y a parfois ce sentiment que ça va mal se passer. On joue la Jamaïque et le Pérou en préparation, pas top, on arrive au Brésil, on fait un match interne, l’équipe qui doit commencer la Coupe du monde perd, et t’arrives, t’as pas beaucoup de certitude. Et en fait, tu fais une Coupe du monde qui est convenable. »

« Le vivre ensemble, c’est primordial »

Ce qui a « sauvé » la Nati, c’était la cohésion au sein de l’équipe. Vu l’état actuel des troupes françaises depuis le début de la préparation, tout semble se dérouler dans les meilleures conditions. « Le résultat, c’est une chose, mais quand un groupe vit bien, est connecté et se bat pour la même cause, je trouve que c’est là qu’il y a vraiment quelque chose qui fait la différence », ajoute Djourou.

Bien que nous ayons fouillé les réseaux sociaux à la recherche de la moindre rumeur, rien à signaler sinon un geste de non-serrage de main entre Kylian Mbappé et N’Golo Kanté, sans conséquences notables. « Le vivre ensemble, on en parle souvent sur une Coupe du Monde, mais c’est primordial car les joueurs vont passer six semaines ensemble s’ils vont au bout, souligne François Clerc. Plus l’ambiance est bonne et saine, plus on a de chances de réussir. 

Cependant, même avec la meilleure ambiance possible, si vous n’avez que des joueurs « amis de l’organisateur » dans votre équipe, le chemin vers le succès sera semé d’embûches. Les Bleus sont prêts et le savent, bien que le discours ait légèrement changé ces dernières semaines pour ne pas exciter les attentes. « On a une superbe équipe, mais on n’est pas les seuls à avoir une équipe formidable dans cette compétition », a voulu tempérer Hernandez, qui avait noté lors de la tournée américaine en mars que « sur le plan offensif, aucune autre sélection n’avait des joueurs aussi polyvalents, déterminants ».

« Ils se connaissent tellement bien, sourit Ludovic Giuly, qui n’a pas eu la chance de participer à une grande compétition avec les Bleus. Il y a des joueurs qui émergent et qui vont aussi faire la différence. Quand tu es dans un groupe comme celui-ci, tu ressens qu’il se passe quelque chose. Tu ne vas pas le dire, mais tu sens qu’il y a une atmosphère particulière. Et puis c’est à Didier Deschamps de bien gérer ça. » En matière de gestion de groupe, Deschamps a une expérience considérable.