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Essai de la première BYD Dolphin G DM-i pour l’Europe : mon avis.

BYD a lancé la Dolphin G DM-i, une citadine hybride rechargeable de 4,16 m de long, commercialisée exclusivement en Europe. La batterie de 18,3 kWh permet une autonomie en mode tout électrique de 105 km en cycle WLTP et un prix de départ de 23 990 euros.

BYD vise des objectifs ambitieux en Europe. Après l’établissement de la marque Denza et l’ouverture d’une usine en Hongrie, le constructeur a récemment lancé sa première citadine hybride rechargeable conçue pour le marché européen : la Dolphin G DM-i. J’ai eu l’occasion de l’essayer lors de sa présentation et voici mon avis.
Essai BYD Dolphin G DM-i // Source : BYD

BYD aspire à plus qu’une simple importation de voitures chinoises en Europe. Le leader de l’électrique en Chine a désormais une usine en Hongrie pour produire ses modèles compacts électriques : la Dolphin Surf et l’Atto 2. Le constructeur a également établi des centres de recherche et développement et prévoit de rejoindre l’ACEA, l’Association des constructeurs européens d’automobiles.

Dans cette volonté d’intégration sur le marché européen, BYD a lancé la Dolphin G DM-i, une citadine hybride rechargeable adaptée aux attentes des automobilistes européens et, pour l’heure, exclusivement proposée sur le Vieux Continent.

Design : tout en sobriété

Bien que la couleur de la voiture présentée soit Orange Sunset, peu discrète, les lignes de la voiture demeurent sobres.

Si l’on choisit une teinte plus neutre en option, la voiture devient relativement discrète. Elle affiche des lignes banales. À l’avant, les projecteurs à fond noir sont dotés d’une fine bande LED pour la signature lumineuse. Un bandeau noir connecte les phares, et une calandre ajourée se trouve dans la partie inférieure du bouclier, permettant de refroidir le moteur thermique.

De profil, le pavillon est plutôt haut, les poignées de portes sont intégrées à la carrosserie, et les jantes affichent 18 pouces.

À l’arrière, le design reste très simple, avec un bandeau interfeux, un élément désormais indispensable dans les voitures modernes.

En termes de dimensions, la BYD Dolphin G DM-i est une grande citadine du segment B. Elle mesure 4,16 m de long, ce qui la rend 4 cm plus longue qu’une Clio. Son hauteur est de 1,57 m, lui donnant des allures de petit monospace. La largeur est de 1,82 m, tandis que l’empattement s’établit à 2,61 m.

Habitabilité : un peu décevante

Avec une des plus grandes citadines du marché et une garde au toit élevée, je m’attendais à une habitabilité remarquable, mais ce n’est pas totalement le cas.

Pour commencer, les places arrière m’ont déçu, surtout en ce qui concerne l’espace pour la tête. L’assise très haute de la banquette arrière fait que ma tête touche le plafond lorsque je me tiens droit.

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Essai BYD Dolphin G DM-i // Source : BYD

Mesurant 1,86 m, je ne suis pas toujours très à l’aise à l’arrière d’une citadine, mais je m’attendais à mieux compte tenu des dimensions de la voiture. L’espace pour les jambes est satisfaisant, comparable à celui d’autres voitures du segment, voire légèrement supérieur.

Les enfants seront bien installés à l’arrière, mais cela pourrait être moins confortable pour les adultes. Heureusement, le grand toit panoramique est un atout, bénéficiant davantage aux passagers à l’arrière qu’à ceux de l’avant.

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Essai BYD Dolphin G DM-i // Source : BYD

À l’avant, je me sens plus à l’aise, bien que le siège passager, non réglable en hauteur, me donne l’impression d’être proche du plafond. BYD a opté pour une position d’assise très haute, ce qui est dommage pour une voiture conçue pour l’Europe, où la taille moyenne est plus élevée qu’en Asie.

Je ne suis pas sûr si cela est dû à la position de la batterie Blade du système hybride, installée dans le plancher, ou à un choix des ingénieurs, mais cette sensation est absente dans la Peugeot e-208.

En revanche, le coffre est spacieux avec un volume de 425 litres, pouvant atteindre 1 225 litres une fois la banquette rabattue. Le « G » dans Dolphin G DM-i signifie « Genius ».

Infodivertissement : basique, mais pas mal pour la catégorie

L’infodivertissement de la BYD Dolphin G DM-i ne révolutionne pas le genre. On trouve un écran central de 12,8 pouces avec une dalle tactile assez réactive, un fond d’écran personnalisable, Google Maps intégré, ainsi que des menus pour ajuster différents réglages du véhicule, y compris le son des clignotants, certaines sonorités pouvant être agaçantes. Le système est bien entendu compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil.

Le combiné d’instrumentation se présente sous la forme d’un écran de 10,8 pouces dont la définition n’est pas très flatteuse et dont la lisibilité peut être affectée par le soleil. Il compense néanmoins ce petit défaut en offrant un affichage tête haute.

Bien qu’il n’y ait rien de révolutionnaire dans l’infodivertissement de la BYD Dolphin G DM-i, elle offre des technologies rarement présentes dans les citadines, comme l’affichage tête haute ou un grand écran tactile de 12,8 pouces, habituellement réservé aux segments supérieurs.

Notez également la présence d’un espace de recharge par induction pour le smartphone. En revanche, pas de planificateur d’itinéraire ici, car il ne s’agit pas d’une voiture entièrement électrique.

Aides à la conduite : ce que l’on attend d’une citadine

Si BYD généralise la conduite autonome sur la majorité de sa gamme en Chine, notamment en l’offrant en option sur la plus petite Dolphin Surf, ce n’est pas le cas pour la Dolphin G DM-i.

Il n’y a pas d’option pour bénéficier du système de conduite autonome « God’s Eye ». En revanche, on dispose d’un régulateur de vitesse adaptatif, d’une aide au maintien dans la voie, d’une reconnaissance des panneaux de signalisation et d’une adaptation automatique aux limitations de vitesse, ainsi qu’une caméra à 360 degrés ( sur les versions les plus haut de gamme) et la surveillance des angles morts.

Bien que l’absence de système de conduite autonome ne soit pas à blâmer, celle-ci offre déjà tout ce que l’on attend d’une citadine moderne, et plus encore avec la caméra à 360 degrés.

Conduite : un feeling européen ?

La BYD Dolphin G DM-i est la première BYD conçue exclusivement pour l’Europe et, pour l’instant, elle n’est commercialisée que ici. Alors, s’agit-il d’une citadine répondant aux exigences européennes ?

Le lancement en Allemagne, un pays automobile en Europe, témoigne des ambi tions de BYD pour ce modèle. La voiture se révèle bien plus rigide en suspension que les précédents modèles BYD. Ce choix technique a vraisemblablement été motivé par les critiques faites à de nombreuses voitures chinoises par les journalistes européens, qui reprochent souvent des suspensions trop souples au détriment des qualités dynamiques.

La suspension évoque davantage les modèles allemands comme l’Audi A1, la Volkswagen Golf, la Polo, ou encore l’Opel Corsa. C’est plus rigide, un peu plus ferme (peut-être même un peu trop), mais mieux maîtrisé. Je ne peux pas affirmer qu’elle est véritablement dynamique, car notre essai autour de Berlin n’a pas comporté de routes sinueuses, mais cela laisse présager une amélioration du comportement routier des BYD.

En revanche, la direction semble très démultipliée, permettant une conduite douce mais pas véritablement dynamique, renvoyant peu de sensations de la route.

Je suis peut-être influencé par la Honda Prelude que j’ai conduite juste avant cette BYD Dolphin G DM-i, qui place le plaisir de conduite au centre de ses préoccupations. Cependant, on ne peut pas reprocher à une citadine de manquer de ressenti dans la direction, car cette Dolphin G n’est pas une petite sportive.

En ce qui concerne l’utilisation de la motorisation hybride rechargeable, il est possible de forcer le mode tout électrique grâce au mode EV, jusqu’à ce qu’il reste environ 20 % de batterie. En mode EV, rien ne diffère d’une voiture électrique : il est même possible de personnaliser la puissance du freinage régénératif via l’écran central. Aucun mode One-Pedal n’est présent.

Lorsque la batterie est trop faible, ou si le conducteur choisit le mode HEV, le moteur thermique peut démarrer pour produire de l’électricité alimentant le moteur électrique. Le moteur à essence de 1,5 litre est également capable d’entraîner directement les roues si le conducteur souhaite exploiter les 212 chevaux résultant de la combinaison des deux motorisations. Le démarrage du moteur se fait discrètement et de manière agréable, étant peu audible grâce à son régime constant.

Dans l’ensemble, la BYD Dolphin G circule de manière correcte, sans défaut majeur, et présente un comportement routier plus européen.

Autonomie, batterie et recharge

Il est rare d’évoquer un moteur thermique dans cette section, car la rubrique Survoltés traite normalement des voitures électriques. Cependant, nous avons décidé de faire une exception pour cette première BYD conçue pour l’Europe, marquant un véritable changement de paradigme.

La BYD Dolphin G DM-i (pour « Dual Motor Intelligence ») utilise deux moteurs : une machine électrique à aimant permanent synchrone et un moteur thermique 1,5 litre quatre cylindres développé et produit par BYD.

L’ensemble offre une puissance cumulée de 212 chevaux pour un couple maximal de 210 Nm. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 8,2 secondes, une performance moyenne pour une citadine de cette puissance. Il convient cependant de considérer son poids de 1 555 kg, supérieur à celui d’une Peugeot e-208 entièrement électrique.

Bien qu’elle ne soit pas plus légère qu’une citadine électrique, cette motorisation entraîne une augmentation du poids. En effet, elle doit inclure deux moteurs, un réservoir d’essence et une batterie de traction de 18,3 kWh sur notre version d’essai, contre 7,4 kWh pour l’entrée de gamme.

La grande batterie permet une recharge rapide en combo CCS jusqu’à 39 kW, permettant un passage de 10 à 80 % en 26 minutes. La version d’entrée de gamme se limite à un connecteur Type 2 en 3,3 kW, contre 6,6 kW en Type 2 pour la version à grande batterie.

L’autonomie en mode tout électrique atteint 105 km en cycle WLTP, tandis que l’entrée de gamme se limite à 40 km. BYD annonce une consommation électrique WLTP de 16 kWh/100 km, ce qui est raisonnable pour un PHEV, mais moins performant qu’un électrique de gabarit similaire, généralement 10 à 20 % plus efficace.

La consommation d’essence mixte est annoncée à 1,4 l/100 km. Lors de notre essai, nous avons observé une consommation avoisinant 2 l/100 km. Le constructeur affirme une autonomie combinée de 1 040 km, permettant d’envisager des trajets longs plus sereinement qu’avec une citadine entièrement électrique.

Est-elle vraiment pertinente face à une citadine électrique ?

Il reste à déterminer si une motorisation hybride rechargeable est réellement pertinente sur le marché des citadines. La BYD Dolphin G DM-i figure parmi les rares à proposer ce type de motorisation dans un segment qui privilégie généralement l’électrique, l’hybride simple comme chez Toyota, ou les micro-hybrides.

Pour une utilisation exclusivement urbaine, une voiture électrique sera plus adaptée, car elle évite les contraintes liées aux longs trajets et aux recharges fréquentes. La BYD Dolphin G DM-i ne bénéficie pas non plus d’un avantage tarifaire face à une électrique bénéficiant du bonus écologique.

Si l’on compare avec une citadine hybride simple (HEV), le débat est plus ouvert. Si vous n’avez pas la possibilité de charger votre hybride rechargeable BYD à domicile ou au travail, l’intérêt par rapport à une HEV devient limité.

Des confrères ont réalisé un essai de consommation avec la batterie déchargée : les meilleurs résultats ont atteint environ 4 l/100 km en adoptant une conduite éco-responsable lors d’un petit concours entre journalistes. On peut donc estimer qu’en usage mixte, sans recharge régulière, la consommation se situera autour de 5 à 6 l/100 km, légèrement plus qu’une HEV comme une Toyota Yaris ou une Renault Clio.

La BYD Dolphin G DM-i adopte ainsi une motorisation mixte : elle offre les avantages de l’électrique au quotidien, à condition de la recharger régulièrement, ce qui constitue une contrainte supplémentaire. Elle conserve également les inconvénients du thermique, avec consommation d’essence et émissions de CO2, même si ces deux aspects restent maîtrisés. Il est aussi important de noter que le moteur thermique nécessite un entretien régulier, notamment les vidanges et le remplacement des bougies.

Pour autant, elle s’adresse précisément à une cible : celle des automobilistes attirés par les avantages de l’électrique mais encore inquiets de l’autonomie et des temps de recharge lors des longs trajets. Ces préoccupations demeurent dans le segment des citadines polyvalentes, même si elles tendent à disparaître. À titre d’exemple, une Volkswagen ID. Polo offre jusqu’à 450 km d’autonomie et une recharge en moins de 30 minutes.

Prix, conclusion et disponibilité

La BYD Dolphin G DM-i est proposée à partir de 23 990 euros avec la finition Active, incluant la batterie de 7,4 kWh pour une autonomie de 40 km. La version Boost, équipée de la batterie de 18,3 kWh, est à 26 990 euros : un prix similaire à celui d’une Toyota Yaris Hybrid 116 chevaux ou d’une Renault 5 Autonomie Urbaine, cette dernière bénéficiant du bonus écologique.

Cette Dolphin G est à la fois sans concurrent, aucune citadine hybride rechargeable n’existant, et en même temps confrontée à de nombreuses autres options de citadines hybrides « simples » ou électriques.

Bien qu’elle soit conçue pour l’Europe, sa production se fait en Chine.