
Affaire Lyhanna : un organisme américain signale Jérôme Barella aux autorités françaises.
L’enquête sur le meurtre de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers, révèle que plusieurs signalements concernant le principal suspect, Jérôme Barella, n’ont pas déclenché d’enquête judiciaire, ces alertes ayant été découvertes uniquement après la mort de la fillette. En 2023, l’Office mineurs de la police judiciaire française (Ofmin) a reçu 318.000 signalements, mais ne peut traiter que moins de 1 % de ces alertes en raison d’un manque de moyens et d’effectifs, comptant seulement une quarantaine d’enquêteurs.
L’enquête sur le meurtre de Lyhanna, âgée de 11 ans, retrouvée morte dans le Gers, met en évidence les lacunes du suivi concernant Jérôme Barella, le principal suspect. Ce dernier avait été signalé à plusieurs reprises par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), une instance américaine dédiée à la surveillance de la pédocriminalité en ligne, selon Le Monde.
Ces alertes avaient été transmises à l’Office mineurs de la police judiciaire française (Ofmin) plusieurs mois avant le drame, mais n’ont pas engendré d’enquête judiciaire, précise le quotidien. Elles n’ont été détectées qu’après la mort de la fillette, lors d’un examen des fichiers. De plus, les gendarmes ayant reçu les premières plaintes contre le suspect n’avaient pas demandé de croisement de données.
Manque d’effectifs
Ce dysfonctionnement souligne la saturation des services français. Comme l’a indiqué sa commissaire à 20 Minutes en 2024, l’Ofmin est confronté à un volume de données considérable. En 2023, l’organisme a enregistré 318 000 signalements, soit 870 par jour. En raison de ses ressources limitées, l’office doit prioriser les affaires, comme les viols en direct et en ligne, et ne parvient à traiter que moins de 1 % de ces alertes.
L’Ofmin souffre également d’un manque d’effectifs. Alors que la France se classe au 4e rang mondial pour l’hébergement de contenus pédocriminels, l’organisme ne compte qu’une quarantaine d’enquêteurs, alors que 85 étaient prévus en 2023. Pour comparaison, le Royaume-Uni déploie 800 enquêteurs sur ce sujet.
