Affaire Lyhanna : Andrea Bescond dénonce « 12 heures de détention arbitraire ».
La réalisatrice Andrea Bescond a dénoncé mardi « douze heures de détention arbitraire », dans un communiqué de ses avocates transmis à l’AFP. Plus de 60.000 personnes ont manifesté lundi soir en France pour exprimer leur colère après le meurtre de la collégienne de 11 ans, Lyhanna.
La réalisatrice Andrea Bescond a été interpellée lundi lors d’un rassemblement devant le ministère de la Justice, où elle a dénoncé les failles du système judiciaire dans les affaires de pédocriminalité suite au meurtre de la petite Lyhanna. Dans un communiqué transmis à l’AFP par ses avocates, elle a déclaré mardi avoir subi « douze heures de détention arbitraire ». Pendant cette période de garde à vue, « elle n’aura jamais été auditionnée, ni examinée par un médecin, ni même assistée d’un avocat », ont affirmé Mes Gwendoline Tenier et Marie Grimaud, qui n’ont pu communiquer avec elle qu’à sa libération.
Figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux enfants et réalisatrice de *Chatouilles*, Andrea Bescond, très active sur les réseaux sociaux, avait appelé à ce rassemblement à la place Vendôme pour dénoncer « l’injustice de trop ». Elle a été placée en garde à vue lundi soir et libérée le mardi matin.
Le parquet, contacté par l’AFP, a précisé que le placement en garde à vue était « une décision » de l’officier de police judiciaire, dont il était informé pour « contrôler la régularité ». Il a indiqué avoir « immédiatement » levé la garde à vue dès qu’il a été informé par les services de police, et a classé la procédure car les poursuites « ne paraissai(ent) pas proportionnées ». Andrea Bescond a rapporté à ses avocates avoir été « menottée, malmenée, soumise à plusieurs palpations de sécurité et intimidée ».
Elle a également été « détenue dans un commissariat de police parisien sans que ne lui soient jamais notifiés les motifs et le cadre précis de la mesure dont elle faisait l’objet, ni la qualification pénale retenue à son encontre, ni les droits attachés à cette mesure », ont souligné ses avocates. Andrea Bescond leur a également déclaré avoir demandé aux policiers de contacter son avocate pour être assistée, mais en vain. « Nous dénonçons fermement cette mesure de détention arbitraire subie par notre cliente en violation manifeste de tout cadre légal », ont insisté Mes Tenier et Grimaud.
Lundi soir, plus de 60.000 personnes ont manifesté en France pour exprimer leur colère suite au meurtre de la collégienne de 11 ans, Lyhanna, pour lequel Jérôme Barella, déjà visé par plusieurs plaintes pour viols, est suspecté. « Un tel zèle de l’institution policière et judiciaire inquiète et ne peut que susciter une très vive émotion chez l’ensemble des enfants, des femmes et des hommes venus exprimer partout en France leur colère et leur incompréhension face à l’inertie de la Justice dans les dossiers de pédocriminalité », ont poursuivi les avocates.
La préfecture de police avait interdit la manifestation devant le ministère de la Justice, proposant aux organisateurs un autre lieu, place Lépine, devant la cour d’appel de Paris. Finalement, deux rassemblements ont eu lieu à Paris – un place Vendôme et un place Lépine – réunissant au total 2.900 personnes selon la préfecture.

