Investissements en Afrique : Les risques ne sont-ils pas surévalués ?
Le déficit de financement du développement en Afrique est estimé à 1.300 milliards de dollars par an. Selon le président de la BAD, l’Afrique a besoin de réaliser une croissance annuelle moyenne de 7 % et de porter la croissance annuelle du stock de capital de 3,3 % à 8,7 % d’ici 2030.
Le déficit de financement du développement en Afrique est évalué à 1.300 milliards de dollars par an, selon les données officielles présentées lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement.
Ce déficit résulte de divers facteurs, à la fois internes aux économies africaines et externes. Lors d’un panel de haut niveau, Jenny Chapman, ministre d’État chargée du Développement international et de l’Afrique et gouverneure de la Banque, a souligné la surévaluation des risques liés à l’Afrique, ce qui pénalise l’accès aux financements. « L’ampleur des ambitions des pays africains, comparée au montant des investissements actuellement réalisés dans les économies africaines, révèle un décalage flagrant », a-t-elle déclaré, ajoutant que « l’idée même que nous puissions poursuivre sur la même voie n’a tout simplement plus aucun sens. »
Elle a illustré son propos en citant les garanties requises de 3 milliards de dollars pour un financement de 70 millions de livres sterling (93 millions de dollars US) et a appelé à une réforme des systèmes mondiaux de notation du crédit.
« Il faut que les changements se traduisent par des milliards, voire des milliers de milliards de dollars injectés dans les économies africaines », a-t-elle insisté.
L’Afrique doit atteindre une croissance annuelle moyenne de 7 %, selon le président de la BAD, et maintenir ce niveau pendant plusieurs décennies.
Pour y parvenir, « cela impose de porter la croissance annuelle du stock de capital de 3,3 % aujourd’hui à 8,7 % d’ici 2030. »
« En remédiant aux inefficiences dans la mobilisation et l’utilisation des ressources, l’Afrique pourrait dégager jusqu’à 1.430 milliards de dollars US de financement supplémentaire par an. Elle dépasserait alors son déficit annuel de financement du développement, estimé à 1.300 milliards de dollars US », a-t-il conclu.

