« Trump insulte une journaliste et quitte l’interview : « Vous êtes soit corrompue, soit débile » »
L’interview du président américain accordée à la chaîne NBC a été filmée vendredi et diffusée dimanche, et a été interrompue en raison de problèmes liés à la météo et aux questions sur l’Iran. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a déclaré la guerre aux médias traditionnels, qu’il accuse de diffuser des « fake news » et d’être corrompus.
La guerre personnelle que mène Donald Trump contre les médias traditionnels a connu un nouvel épisode. L’interview accordée par le président américain à la chaîne NBC, réalisée vendredi et diffusée dimanche, a pris une tournure problématique après des interruptions liées aux conditions météorologiques et aux questions de la journaliste, notamment sur l’Iran. Ces questions ont déplu au président. « Vous êtes une chaîne biaisée et malhonnête. Désolé, on arrête là, parce que j’en ai assez. Merci chérie, amuse-toi bien », a déclaré Donald Trump à la journaliste Kristen Welker, avant de se lever et de quitter le champ de la caméra.
Le républicain a accordé vendredi une interview d’une heure à l’émission « Meet the Press » lors d’un déplacement dans le Wisconsin, où il s’est adressé aux agriculteurs. Ce prélude s’est déroulé dans une ferme de cet État agricole, avec un décor de tracteur et de meules de foin, et a largement concerné la guerre en Iran et les efforts pour parvenir à un accord.
### Intempéries durant l’interview
« C’est du vent, ou quoi ? », interroge Donald Trump alors que des pluies torrentielles s’abattent sur la structure métallique où se déroule l’entretien, rendant difficile la poursuite de la discussion. « Vous entendez le tonnerre ? », dit-il un peu plus tard, alors que l’interview a déjà été interrompue plusieurs fois. « Doit-on s’arrêter ? », demande Kristen Welker à l’équipe technique. « Les gars, non. Les gens comprendront, on est dans une ferme », rétorque le président.
Plusieurs questions sur l’Iran suivent. À l’issue de celles-ci, le républicain accuse la journaliste d’être « de gauche, progressiste », puis critique NBC pour ses « faux sondages ». Le ton monte et les questions s’enchaînent sur le fonds « anti-instrumentalisation » de la justice de Donald Trump, financé par le contribuable et présenté par l’administration comme un moyen de dédommager ceux qui auraient été victimes d’une justice partisane sous la présidence de Joe Biden.
### Guerre aux médias traditionnels
« J’adore cette idée (le fonds), parce que des gens comme vous, cette presse mensongère et corrompue, ces journalistes crapuleux qui soutiennent un idiot comme Biden. […] Ils ont détruit des vies. Ils ont envoyé en prison des gens qui n’avaient rien fait », s’énerve-t-il. « Il n’y a aucune preuve de ce que vous dites », répond la journaliste.
« Vous êtes soit corrompue, soit débile », finit par lâcher Donald Trump, avant de quitter le champ, tandis que la journaliste tente de le retenir. Dimanche, Kristen Welker a informé les téléspectateurs qu’elle avait « discuté samedi avec le président Trump des difficultés que la pluie avait causées » et qu’il avait « accepté de m’accorder une nouvelle interview ». Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a déclaré la guerre aux médias traditionnels, qu’il accuse de diffuser des « fake news » et d’être corrompus. Il a engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs journaux et son administration, allant du Pentagone au FBI, multiplie les restrictions et tentatives d’intimidation à l’égard des journalistes.

