Gianni Versace au musée Maillol : Barocco, pop art et classiques.
L’exposition présentée tout l’été au musée Maillol, à Paris, s’ouvre sur la reconstitution de l’atelier de Gianni Versace à Milan. Parmi les 120 silhouettes exposées, une partie s’intéresse aux liens entre Gianni Versace et le pop art.
« Vous me trouverez dans mon travail », déclarait Gianni Versace. Pour découvrir le cofondateur de la notoire maison italienne – et le frère de Donatella –, il fallait plonger au cœur même de ses créations, lui qui a profondément marqué l’histoire de la mode, habillant des icônes telles que Lady Diana, Madonna ou encore Tupac. C’est donc tout naturellement que l’exposition présentée durant tout l’été au musée Maillol à Paris débute par la reconstitution de son atelier à Milan.
« Il a appris dans l’atelier de couture de sa mère [en Calabre]. Il a grandi entouré de tissus, créant des tenues avec divers accessoires, bijoux en or et petites pièces qui lui étaient familières », explique la co-commissaire de l’exposition Saskia Lubnow. « Nous avons donc cherché à faire ressentir cela, à illustrer qu’il puise véritablement à la source des matériaux. »
L’exposition constitue une belle rétrospective sur l’œuvre du styliste, tragiquement décédé à l’âge de 50 ans en 1997, assassiné devant sa villa à Miami. Le parcours incite à (re)découvrir le style flamboyant de Gianni Versace et ses grands classiques : l’imprimé « Barocco », les chemises en soie multicolores, les robes iconiques… 20 Minutes vous propose un aperçu de ses pièces emblématiques.
Quand Versace rencontre Warhol
Parmi les 120 silhouettes exposées au Maillol, un espace entier est consacré aux liens entre Versace et le monde de l’art. Chagall et Botticelli figurent parmi ses références, mais aussi le pop art. « J’aime la pop culture, cette culture qui n’a pas besoin de se donner des airs », affirmé Gianni Versace.
La pièce « la plus précieuse » de la rétrospective est une robe inspirée de la célèbre sérigraphie de Marilyn Monroe réalisée par le père du pop art, que le créateur a rencontré en 1981.

« Andy Warhol a utilisé cette icône et l’a transformée. Gianni, lui, a converti cette image en robe », analyse Saskia Lubnow. Créée en 1991, cette pièce a été portée par Naomi Campbell sur le podium et plus récemment par la chanteuse Sabrina Carpenter lors du Met Gala 2026, sur le thème de « Fashion is Art ».
L’imprimé emblématique de Versace
Originaire de Calabre, dans le sud de l’Italie, Gianni Versace a puisé ses inspirations dans l’histoire de sa région, teintée de culture gréco-romaine : les images de madones orthodoxes, les ornements byzantins ou encore la figure mythologique de la Méduse, emblème de la maison de couture. Cependant, Versace est également célèbre pour un imprimé incontournable : le Barocco, en noir et or, inspiré du style baroque, qui provient d’une collection de 1991.

« C’est par la suite qu’il est devenu célèbre et c’est encore aujourd’hui le modèle de mode le plus copié au monde », précise le co-commissaire de l’expo Karl Von Der Ahé.
Il ajoute : « On le voit partout et vous pouvez l’acheter à n’importe quel prix. C’est une idée très proche de celle d’Andy Warhol : la reproduction du dessin, du produit, même pour 5 euros. Et c’est ce qui se passe constamment, jour après jour, avec le Barocco en or et noir. »
« That dress »
Une salle entière de l’expo est dédiée à la période punk chic de Gianni Versace lors de sa collection printemps/été 1994. À cette époque, une pièce en particulier – qui n’est pas exposée au Maillol – avait « marqué l’histoire de la mode ». Surnommée « That Dress » (« CETTE robe »), elle avait été portée en 1994 par Elizabeth Hurley aux côtés de Hugh Grant, lors de la première du film Quatre mariages et un enterrement.

« Elle était une parfaite inconnue auparavant, simplement la petite amie de Hugh Grant qui, lui, était déjà une grande star. Mais tout a basculé ce soir-là et elle est devenue une star elle-même. Le lendemain, tous les journaux parlaient d’elle dans cette robe », raconte Saskia Lubnow.
Sa particularité ? Une longue robe noire fermée par des épingles à nourrice dorées (marquées de la Méduse). « L’épingle à nourrice représente un symbole de rébellion punk et Gianni Versace en a réellement fait un accessoire de luxe. Aucun autre créateur ne l’avait fait avant lui. C’est devenu une sorte de logo sans l’être réellement », souligne la co-commissaire de l’expo. Preuve de son impact, cette robe dispose désormais de sa propre fiche Wikipédia.
La chemise imprimée
Parmi les pièces les plus vendues, même aujourd’hui, de la maison Versace, figurent les chemises en soie aux motifs divers nécessitant parfois jusqu’à une vingtaine de superpositions de couleurs. « Elles sont devenues cultes, leurs couleurs demeurent éclatantes et leurs formes sont toujours aussi actuelles », remarque Saskia Lubnow.

Un véritable succès de la maison italienne que certains collectionnent, à l’image du chanteur Elton John, un des amis de Gianni Versace.

