France

Kev Adams ne ralentit pas son rêve américain avec une émission de télé.

Kev Adams a participé à l’émission « America’s Got Talent », dont la diffusion de la vingt et unième saison vient de commencer, et a été applaudi par le public et le jury. Sa performance a été rediffusée sur la chaîne YouTube du programme, où la vidéo a cumulé près de 500 000 vues en une journée.


« Je ne pense pas que ma personnalité créera l’événement. En revanche, les projets sur lesquels je travaille, oui. Une émission de télé peut, demain, créer l’événement. Comme c’est mon obsession, j’y travaille du matin au soir, je pense que j’y arriverai… » En revoyant les rushs de l’interview que Kev Adams nous avait accordée en octobre pour l’émission « SCOPE ! », ces propos, coupés au montage, prennent un sens particulier ce jeudi.

L’humoriste de 34 ans fait parler de lui depuis la diffusion, mardi, de son audition dans « America’s Got Talent », l’équivalent américain de « La France a un incroyable talent », sur NBC. Avec sa prestation en anglais, où il s’amuse des différences entre la France et les États-Unis ainsi que des nuances de l’expression « to hang out » (« se voir, sortir »), il a rencontré un franc succès. Le public lui a réservé une ovation debout et le jury a été conquis. « C’est le meilleur humoriste qu’on ait jamais reçu », a déclaré l’un des jurés, Howie Mandel, à son collègue Simon Cowell.

Kev Adams n’est pas le premier artiste ayant une carrière bien établie à tenter sa chance sur d’autres terres. Il y a deux ans, Joyce Jonathan a remporté le télécrochet « Cheng Feng » en Chine, et en 2018, la Britannique Jessy J s’est imposée dans la compétition « I Am a Singer » en Chine également. Pour le Français, déjà « enquêteur » dans la saison actuelle de « Mask Singer » diffusée sur TF1, le « rêve américain » ne date pas d’hier.

En 2016, il avait acquis une villa à West Hollywood. Deux ans plus tard, il se retrouvait au casting du film L’espion qui m’a larguée, une comédie de Susanna Fogel avec Mila Kunis en tête d’affiche. Depuis trois ans, il est sous contrat avec Artist International Group, qui le représente de l’autre côté de l’Atlantique. Kev Adams partage donc son temps entre Paris et Los Angeles, où il peaufine ses sketches anglophones dans des comedy clubs. En janvier, il s’est ainsi produit au Laugh Factory, à l’Improv et à The Upstairs.

« Ça a commencé par une envie personnelle et une question : Est-ce que j’en suis capable ? Est-ce que c’est possible de le faire en anglais ? », confiait-il alors au site Le Petit journal. « Ici, il y a vraiment une position de débutant et je crois que c’est finalement la position dans laquelle je me sens le plus à l’aise. » Il a également ajouté qu’il « accélère un peu la cadence » de ses projets aux États-Unis actuellement.

C’est dans ce cadre qu’il participe à « America’s Got Talent ». Bien que l’émission, dont la vingt et unième saison vient de débuter, ne garantisse pas un tremplin vers le succès, elle attire en moyenne 4 millions de téléspectateurs, offrant ainsi une visibilité indéniable. Cela contraste avec les assistances souvent clairsemées des traditionnels comedy clubs. Le label « vu à la télé » pourrait également permettre à Kev Adams de gagner du temps pour développer d’éventuels projets outre-Atlantique ou d’y décrocher des opportunités.

Pour l’instant, c’est surtout en France que sa participation à « America’s Got Talent » suscite l’intérêt. Sur la chaîne YouTube du programme, les commentaires sous la vidéo de sa prestation, qui a atteint près de 500.000 vues en une journée, proviennent en majorité du public francophone qui le connaît. Mardi, sur X, le compte d’Emmanuel Macron a même relayé sa performance avec le message « Wanna hang out ? Choose France » (« Tu veux faire un truc ? Choisis la France »). Cependant, les médias américains ne semblent pas encore manifester un intérêt significatif.

« J’essaie de prendre ça avec beaucoup de légèreté, ça enlève un peu ce poids qui voudrait que les États-Unis, c’est un rêve à accomplir. J’ai encore énormément de rêves à accomplir chez moi, en France », déclarait Kev Adams en janvier au Petit journal.

Et, auprès de 20 Minutes, pour « Scope ! », il énumérait à l’automne : « J’adorerais jouer au cinéma un méchant, un psychopathe. J’adorerais tourner dans d’autres langues, en espagnol ou en anglais. J’adorerais monter sur scène et créer un spectacle qui diffère du stand up d’aujourd’hui. J’adorerais faire vivre longuement mon festival L’humour à la plage, en faire un rendez-vous qui puisse exister sans moi, idem pour le Fridge, le comedy club que j’ai créé il y a quatre ans avec mon équipe : j’aimerais qu’il prenne une place singulière dans le monde de l’humour et que je n’aie plus besoin d’y être pour qu’il existe pleinement. » Kev Adams affiche un remarquable sens de l’anaphore et des rêves clairement définis.