Belgique

Orages : ne pas négliger les risques d’inondations.

Il est 20h, rue de la Vallée à Sambreville, et de nombreuses maisons sont sous eaux après les violents orages qui viennent de toucher la Basse-Sambre. Aurore Degré, professeur d’hydrologie et physique des sols à Gembloux Agro-Bio Tech, affirme qu’il faut repenser certaines pratiques agricoles pour mieux gérer l’eau et réduire la vulnérabilité des zones construites.


Il est 20h, rue de la Vallée à Sambreville. De nombreux habitants portent des bottes et utilisent des raclettes. Certaines maisons sont inondées après les violents orages qui viennent de frapper la Basse-Sambre. Un homme nous interpelle : « Derrière chez moi, il y a facilement 50 cm d’eau. La boue traverse mon garage. Elle vient des champs situés plus haut. »

Des témoignages similaires se sont multipliés. Pour Aurore Degré, professeure d’hydrologie et physique des sols à Gembloux Agro-Bio Tech, les agriculteurs ont une part de responsabilité, mais cela doit être nuancé, notamment parce que ces inondations se sont produites à un moment critique : « Actuellement, on a les cultures de printemps, surtout les pommes de terre. Celles-ci peuvent poser problème car elles couvrent peu le sol, qui a été fortement travaillé et est donc très sensible. En même temps, c’est la saison des orages. Nous sommes face à une conjonction de ces deux phénomènes qui a causé des coulées de boue. Est-ce que pour autant les agriculteurs sont responsables ? Non, car ils exercent leur métier. Oui, car les parcelles agricoles sont vastes et favorisent l’accélération du ruissellement des eaux qui entraînent les terres ! »

La chercheuse de Gembloux Agro-Bio Tech estime qu’il est nécessaire de repenser certaines pratiques agricoles : « Il faut réfléchir aux tailles de parcelle, redonner de l’espace à la nature, favoriser les haies ainsi que les bandes boisées qui retiennent l’eau et permettent son infiltration dans le sol ! »

La question de la bétonisation est également soulevée. Aurore Degré en est persuadée, nous payons aujourd’hui le prix d’une urbanisation excessive : « Dans notre pays, nous avons trop bâti en nous basant sur un plan de secteur qui ne tenait pas compte des risques naturels. Aujourd’hui, nous payons ce prix. Il existe de nombreuses maisons situées dans des zones vulnérables. Il est donc crucial de ne pas accroître cette vulnérabilité. De plus, la construction omniprésente imperméabilise les zones et l’eau n’a d’autre choix que de ruisseler en aval. »

Pour Aurore Degré, il est impératif de s’attaquer sérieusement au problème, sachant que des pluies toujours plus intenses et concentrées sont scientifiquement prévues pour l’avenir.