Belgique

Enseignement : Degryse et Glatigny soutiennent le décret-programme pour les profs

Le décret-programme, qui doit être voté ce jeudi, comprend des mesures de réforme dans l’Enseignement et a été analysé par le Conseil d’Etat. La Ministre-présidente Elisabeth Degryse a déclaré que « les mesures d’économie sont connues » et que les secteurs ne doivent plus s’attendre à des économies de cette ampleur, en particulier dans l’enseignement.


Alors qu’un grand nombre de manifestants s’étaient rassemblés près du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour s’opposer aux réformes du décret-programme soumis au vote ce jeudi, la Ministre-présidente Degryse et la ministre de l’Éducation Glatigny ont fait le point sur ces réformes touchant le secteur éducatif. Leur objectif était d’expliquer et de clarifier ces mesures dans le but apparent de diminuer les tensions.

### Le contexte budgétaire le justifie

La Ministre-présidente a d’abord rappelé le cadre dans lequel ces réformes ont été décidées. L’objectif est de réduire le déficit de la Fédération Wallonie-Bruxelles à 1,2 milliard d’euros d’ici 2029. Pour y parvenir, 500 millions d’euros d’économies ont été planifiés entre 2026 et 2029, touchant tous les secteurs sous la responsabilité de la Fédération. « Notre volonté n’est pas juste de stabiliser pour stabiliser. Notre volonté, elle n’est pas non plus de prendre des mesures difficiles pour prendre des mesures difficiles. Notre volonté, c’est vraiment la préservation des missions essentielles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, » a expliqué Elisabeth Degryse.

Le gouvernement estime que stabiliser l’endettement permettra de dégager, à terme, des ressources pour de futures politiques. Grâce à ces mesures d’économies, la dette de la Fédération devrait se stabiliser à 30 milliards d’euros, alors qu’elle pourrait atteindre 50 milliards d’euros d’ici 2040 sans ces réformes. Ces mesures visent également à réduire la charge d’intérêts, qui s’élèverait à 2,5 milliards d’euros en 2040, contre environ 1 milliard avec les économies prévues, a ajouté la Ministre-présidente.

La Ministre-présidente a également précisé le timing du vote du décret-programme 2, qui comprend des mesures de réforme dans l’Enseignement. Selon elle, ce texte a été examiné par le Conseil d’État et a bénéficié de concertations avec le secteur.

### Pas de nouvelles économies après celles-ci

Les mesures d’économies touchent de manière significative le secteur de l’enseignement, qui représente le plus gros poste de dépenses de la Fédération. Selon la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, les économies à réaliser dans ce secteur s’élèvent à 306 millions d’euros, tandis que 75 millions seront consacrés à de nouvelles politiques.

Valérie Glatigny a souhaité rassurer les enseignants en affirmant : « Les mesures d’économie sont connues. Nos secteurs ne doivent plus s’attendre à des économies de cette ampleur, en particulier dans l’enseignement. » Elle a voulu mettre fin aux rumeurs selon lesquelles d’autres mesures similaires toucheraient les enseignants d’autres niveaux après l’augmentation du nombre d’heures de cours pour les enseignants du secondaire supérieur.

Pour convaincre les enseignants d’accepter ces mesures, la ministre a souligné que « tous les secteurs ont contribué à l’effort, » mentionnant, par exemple, les réductions de 20 % des frais de fonctionnement des cabinets ministériels et la non-indexation des salaires des ministres jusqu’à la fin de la législature.

À côté des économies annoncées, la ministre a aussi mis l’accent sur les « réinvestissements déjà prévus », comme l’accompagnement personnalisé en première secondaire, ainsi que des mesures telles que, à partir de 2027, une augmentation salariale de 2,5 % pour les jeunes enseignants formés sur quatre ans au lieu de trois. Elle a également parlé de l’aménagement de l’emploi pour les enseignants en début et fin de carrière, qui bénéficieront de deux périodes en moins face à la classe. « Ces mesures-là entreront en vigueur dès la rentrée prochaine pour le degré supérieur, et ce sera à partir de 2027 pour les autres niveaux. De plus, il y aura une revalorisation salariale des directions et le renforcement de l’accompagnement personnalisé, » a ajouté la ministre.

### Rassurer les enseignants : pas de pertes d’emplois pour les temporaires prioritaires l’an prochain

Les ministres Degryse et Glatigny ont expliqué qu’après les concertations avec le secteur de l’enseignement, « on a entendu et tenu compte de certaines demandes ». Cela inclut le « gel des réaffectations pour protéger les temporaires, » dont l’emploi pourrait être menacé par la mesure imposant aux enseignants du secondaire supérieur de faire deux heures de plus face à la classe.

La ministre Glatigny a reconnu que ce n’était pas une « mesure facile, » mais a voulu rassurer sur ses conséquences pour l’emploi des enseignants temporaires. « Le degré secondaire supérieur connaît un taux de départ naturel important. Avec peu de nouveaux enseignants disponibles à la rentrée scolaire prochaine, la perte d’emploi parmi les temporaires est peu probable, et il n’y a pas de licenciements secs, » a expliqué la ministre. « Nous avons 2 170 équivalents temps plein qui partent dans le secondaire supérieur, et la mesure des +2 périodes coûte 1 300 équivalents temps plein. Donc, il n’y a pas de crainte de licenciement sec, » a ajouté Valérie Glatigny.

Elle a aussi détaillé que « les temporaires, après le cycle de réaffectations, s’ils étaient encore sans charge fin octobre, verraient leur situation préservée jusqu’en juillet 2027. » Par ailleurs, « un professeur nommé sur 20 heures, qui prendrait deux périodes à un temporaire, verra sa situation gelée, » a donné en exemple la ministre Glatigny. Des mesures supplémentaires seront mises en place pour que les enseignants titulaires et les temporaires prioritaires conservent leur emploi lors de l’année scolaire 2026-2027, avec l’assurance que les budgets nécessaires seront prévus pour éviter que les temporaires prioritaires ne perdent leur affectation à la rentrée. Une évaluation des situations est attendue en décembre 2026.

Des mesures d’aménagement relatives au décret-programme, tel que le phasage de l’extension de la gratuité des fournitures scolaires et le lissage sur deux ans des économies de 30 millions dans les cellules de soutien et d’accompagnement, ont également été évoquées.

### Des jeunes qui manifestent ? « La limite, c’est la manipulation »

Interrogée sur la mobilisation des enseignants et de certains jeunes contre le vote du décret-programme, la Ministre-présidente a déclaré que « avoir des jeunes élèves qui se mobilisent pour des causes a tout à fait du sens, car c’est aussi l’une des missions de l’école de faire de nos jeunes des citoyens actifs ». Cependant, elle a mis en garde : « La limite, c’est la manipulation. »

Elle a ajouté qu’il est « impossible de savoir comment cela a été organisé et d’où viennent les initiatives, et que la cause est probablement récupérée par des personnes qui n’ont aucune lien avec l’enseignement et qui profitent de ces mobilisations. » « Nous devons être extrêmement prudents avec ce que nous faisons avec nos enfants dans ce genre de situation, » a conclu Elisabeth Degryse.