Roland-Garros 2026 : Maja Chwalinska secoue le tableau féminin qualifié
Maja Chwalinska a battu Anna Kalinskaya en quarts de finale de Roland-Garros ce mercredi, ce qui lui permet d’atteindre les demi-finales en tant que joueuse issue des qualifications. En 2022, elle a déclaré : « En 2019, j’ai commencé à me sentir mal… J’associais le tennis à la pression, au stress et aux larmes. »

De notre envoyé à Roland-Garros,
Maja Chwalinska entre dans la légende. En battant Anna Kalinskaya lors des quarts de finale de Roland-Garros ce mercredi, la Polonaise rejoint le cercle des demi-finalistes anonymes à Paris, succédant à des noms prestigieux tels que Loïs Boisson, Martina Trevisan (2022) et surtout Nadia Podoroska (2020), avec qui elle partage le fait d’avoir émergé des qualifications. Cet exploit lui permet d’espérer intégrer le top 30 et de gagner de l’argent – son gain à Paris s’élève désormais à 750.000 euros – avant un prochain défi, jeudi, contre la surprenante Diana Shnaider.
Mais qui est cette jeune joueuse de 24 ans, dont les coups puissants, capables d’envoyer la balle jusqu’à la hauteur de la Tour Eiffel, perturbent ses adversaires ? D’où vient-elle ? Quels sont ses liens ? 20 Minutes se penche sur le sujet.
Finaliste de l’Open d’Australie juniors avec Swiatek en doubles
Maja Chwalinska n’émerge pas de nulle part. Cette joueuse issue des qualifications appartient à la génération 2001, celle d’Iga Swiatek, avec qui elle a tissé des liens dès l’enfance. Les deux amies ont même atteint la finale de l’Open d’Australie juniors en 2017, avant de se retrouver sous le maillot de la Pologne en Fed Cup. Toutefois, il semble que la quadruple lauréate de Roland-Garros, éliminée au 4ème tour, n’ait pas manqué de faire preuve d’enthousiasme pour sa camarade. « Elle m’a juste dit « félicitations ! » », a résumé Chwalinska lors d’une conférence de presse.
Un manque d’enthousiasme de façade ? « Ce n’est pas un hasard si nous avons gagné tous ces tournois juniors et la Junior Fed Cup ensemble. Elle fait semblant de ne pas être mon amie, mais elle l’est », a déclaré Iga Swiatek à propos de sa compatriote pendant un match de la United Cup, début 2025.
Elle a connu la dépression
Swiatek et Chwalinska ont partagé de nombreuses expériences dès le début de leurs carrières. Elles ont fait leurs débuts ensemble au tournoi de Zawada en 2015, avant de remporter l’année suivante leur première rencontre sur le circuit ITF, à Torun. Néanmoins, leurs parcours ont finalement pris des directions différentes, malgré le potentiel indéniable de Chwalinska. Une dépression a perturbé sa trajectoire.
« En 2019, j’ai commencé à me sentir mal, a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par le site de la WTA en 2022. D’abord sur le court, puis en dehors, et cela m’a menée à la dépression. Ce que j’aimais le plus est soudainement devenu une source de souffrance. J’associais le tennis à la pression, au stress et aux larmes. J’ai géré cela jusqu’à Wimbledon [2021], où j’ai décidé de faire une pause. »
En raison de son sentiment de dévalorisation dû à des résultats décevants, la Polonaise, qui avait pris son indépendance, a décidé de retourner chez ses parents et de se couper du monde du tennis. « Honnêtement, je ne savais pas si je reviendrais, car ça n’allait pas du tout. J’avais des pensées noires. C’était difficile de sortir de chez moi. Je n’avais envie de rien. » Elle a réagi en se tournant vers la thérapie, la course à pied et la boxe.
Elle aime jouer aux Legos et aux cartes pour s’occuper l’esprit
Bien qu’elle semble insensible aux événements sur le court, la joueuse qui a écarté Diane Parry en 8es de finale prend soin de sa santé mentale entre les matchs. Pour éviter de sombrer, elle s’éloigne des réseaux sociaux. « Je n’aime pas les réseaux sociaux. Ce serait trop pour moi, pour le moment. Je coupe court, je me déconnecte et je les mets de côté. Et puis, je suis bien entourée. Il y a des personnes qui sont très proches de moi depuis très longtemps, je peux leur faire confiance. »
Son manager, Piotr Szczypka, prend soin d’elle, l’emmenant manger une glace au bord de la Seine durant ses journées de repos, parmi d’autres activités rapportées par la presse polonaise. « Maja aime aussi construire des Legos, alors je lui en ai acheté une boîte, raconte Szczypka. Elle les a montés, et nous avons joué aux cartes. De plus, elle a reçu une boîte de Legos de ses parents, et également de moi quelques jours plus tôt, car je lui avais promis qu’elle l’aurait si elle passait le premier tour. J’ai cherché partout dans Paris pour trouver cette boîte. »
L’année dernière, Lego Pologne avait félicité son ambassadrice Iga Swiatek en lui offrant une construction en forme de fraise. Maja Chwalinska est peut-être à deux victoires de recevoir la sienne.

