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Voiture électrique d’occasion : le kilométrage n’influence plus le prix

Une étude de l’institut allemand Fraunhofer ISI a analysé plus de 30 000 annonces de voitures électriques d’occasion, concluant que doubler le kilométrage annuel ne fait baisser le prix que de 2 % environ. Selon Patrick Plötz, du Fraunhofer ISI, les batteries modernes sont bien plus durables qu’on ne le pensait, leur capacité ne reculant en général que de 1 à 2 % par an.

Sur le marché des véhicules électriques d’occasion, le kilométrage a perdu de son influence sur le prix. Une étude allemande quantifie ce phénomène, modifiant ainsi les méthodes de négociation pour l’achat d’une voiture.
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Reconnaissez-le, vous jetez un œil au kilométrage en premier, et les six chiffres suscitent des grimaces. 180 000 km pour une voiture thermique, cela signifie que l’on risque d’hériter des problèmes de l’ancien propriétaire. Ce réflexe est ancré depuis des décennies. Cependant, il est trompeur lorsqu’il s’agit d’un véhicule électrique.

L’institut allemand Fraunhofer ISI a analysé plus de 30 000 annonces de voitures électriques d’occasion. Le résultat est clair : doubler le kilométrage annuel ne fait diminuer le prix que d’environ 2 %.

En d’autres termes, une voiture électrique ayant beaucoup roulé ne perd presque pas de sa valeur. Pourquoi ce changement maintenant ? Parce que le marché est inondé de modèles immatriculés en 2020 et 2021, principalement issus de flottes et de locations, qui reviennent sur le marché de l’occasion. De plus, la hausse des prix des carburants, causée par le conflit au Moyen-Orient, qui a explosé depuis début mars, rend les véhicules électriques de nouveau attrayants.

Sur Mobile.de, la plus grande plateforme automobile allemande, les demandes pour des véhicules électriques d’occasion à moins de 30 000 € ont augmenté de 87 % depuis début mars, principalement pour des modèles tels que la Renault Zoé, selon des données rapportées par Bloomberg. Cela démontre que les acheteurs se précipitent.

La batterie est plus résistante que sa réputation

Le véritable changement réside ici : pour une voiture électrique, le kilométrage a beaucoup moins d’impact que pour un véhicule thermique. Il est logique qu’il y ait moins de pièces mobiles, donc moins d’usure mécanique. Cependant, la grande préoccupation reste la batterie. Là encore, l’étude apporte des éléments rassurants : selon Patrick Plötz, du Fraunhofer ISI, les batteries modernes sont beaucoup plus durables que prévu, leur capacité diminuant généralement de 1 à 2 % par an.

Les recharges rapides répétées endommagent également moins les batteries que ce qu’on craignait. Mais il faut faire attention aux informations marketing. La véritable dépréciation ne se cache pas dans le compteur, mais dans le temps. Une voiture électrique conserve entre 80 et 95 % de sa valeur la première année, 50 à 70 % après trois ans, puis se stabilise autour de 40 à 45 % au bout de cinq ans. La majorité de la perte de valeur se produit donc au début.

Pour aller plus loin
Votre voiture électrique n’est pas un « gros smartphone » : voici ce qui change vraiment pour la batterie

Cette analyse n’est pas la seule à confirmer cette tendance. Aux États-Unis, la société spécialisée Recurrent, qui surveille l’état de centaines de milliers de batteries, arrive à des résultats similaires : une voiture électrique conserve en moyenne 97 % de son autonomie après trois ans et 95 % après cinq, les défaillances complètes étant très rares.

À qui profite réellement le marché des électriques d’occasion ?

Concrètement, qui en bénéficie ? À celui qui souhaite acquérir une voiture électrique de trois ou quatre ans, même avec un kilométrage élevé, et qui a la possibilité de la recharger chez lui. Il obtient un véhicule dont l’ancien propriétaire a déjà amorti la plus grande partie de la dépréciation. En revanche, sans solution de recharge à domicile ou au travail, l’intérêt diminue rapidement.

Il reste à considérer ce que le vendeur ne montre pas spontanément : l’état réel de la batterie ne se lit pas sur le compteur (sauf pour quelques modèles, comme les Tesla, dont l’état s’affiche directement à l’écran). Il est nécessaire de demander un rapport de santé, le fameux SoH, avant de finaliser l’achat. Il convient également de garder à l’esprit que ce chiffre de 95 % est une moyenne plutôt optimiste : dans la réalité, les véhicules de quatre à cinq ans se situent plutôt autour de 93 %, tandis que ceux dépassant les 160 000 km affichent souvent entre 88 et 95 % de capacité de batterie.

Pour aller plus loin
Comment connaître l’état de santé de la batterie d’une voiture électrique d’occasion

Le réflexe de se focaliser sur le compteur peut être mis de côté pour les véhicules électriques. La réelle erreur serait d’acheter une voiture ayant beaucoup roulé, mais c’est surtout l’achat d’un modèle neuf qui entraîne une forte perte de valeur durant les trois premières années. Une occasion de trois ans, avec un rapport de santé de la batterie en main, et une solution de recharge à domicile, constitue une bonne affaire à mettre dans votre garage. Le kilométrage, quant à lui, peut continuer à augmenter.