Prurit, œdème, conjonctivite : attention aux chenilles processionnaires !
Entre février et la fin de l’été, des centaines de milliers de petites bêtes poilues envahissent les forêts, parcs et jardins un peu partout en France. Il n’existe que deux espèces de chenilles processionnaires surveillées pour le risque qu’elles présentent pour la santé humaine et animale.
Entre février et la fin de l’été, des centaines de milliers de petites chenilles poilues envahissent les forêts, parcs et jardins à travers la France. Bien qu’elles ne soient pas capables de nous dévorer vivants, ces insectes peuvent causer de sérieux problèmes de santé, pouvant aller jusqu’à la mort. Ces insectes sont les chenilles processionnaires, et qu’elles se trouvent sur des pins ou des chênes, il est impératif de s’en méfier.

Généralement, il est conseillé de ne pas toucher aux chenilles en raison de leur capacité à provoquer des démangeaisons. Bien que cet adage ne soit pas toujours vrai, il a au moins le mérite de nous alerter sur les dangers potentiels des chenilles processionnaires. « On ne peut pas dire que ces insectes piquent ; cependant, ils possèdent des poils urticants dont le degré de risque varie selon les individus », explique l’entomologiste Léna Polin.
De la démangeaison au choc anaphylactique
Un contact avec une chenille processionnaire peut poser des problèmes plus graves pour les enfants, les personnes âgées ou celles souffrant de certaines affections. La toxine présente dans les poils provoque des « symptômes inflammatoires », tels que des « démangeaisons sévères, voire des œdèmes », prévient l’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes. Un contact avec les yeux peut entraîner des problèmes allant d’une conjonctivite à « une lésion de la cornée ». L’ingestion de ces poils urticants peut causer « de l’hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales ». L’ARS met en garde contre des réactions extrêmes à la toxine, telles que « des chocs anaphylactiques » pouvant menacer la vie.
Il n’existe que deux espèces de chenilles processionnaires surveillées en raison de leur dangerosité pour la santé humaine et animale. « Il y a celles que l’on trouve principalement sur les pins et les cèdres, et celles qui préfèrent les chênes », précise l’entomologiste. Les premières se développent surtout entre février et avril, tandis que les secondes prennent le relais entre mai et juillet. Leur nom de « processionnaires » provient du fait qu’elles avancent en procession sur les arbres pour se nourrir ou construire leur nid dans les branches. Lorsque vient le moment de la nymphose, phase durant laquelle les chenilles se transforment en papillons, les chenilles processionnaires du pin descendent de l’arbre pour s’enterrer, alors que celles du chêne se réfugient dans leur nid, souligne l’Observatoire des chenilles processionnaires (Fredon).
Une présence avérée partout en France
« Une fois transformés en papillons, ces insectes ne sont plus urticants », affirme Léna Polin. C’est au stade larvaire qu’il est nécessaire de rester vigilant. « Si l’on ne les dérange pas, il n’y a pas vraiment de risque, mais le vent peut également disperser les poils urticants, ce qui est plus problématique si le nid est situé près d’habitations ou d’un Ehpad par exemple », reconnaît la spécialiste. Pour se protéger, il est préférable de « ne pas manipuler les chenilles ou leurs nids », insiste la Fredon, et « d’éviter de fréquenter les zones infestées, surtout en période à risque ». Il est également possible de signaler la présence de ces insectes à l’Observatoire des chenilles processionnaires. « Cet organisme décidera des interventions nécessaires en fonction des risques et de l’environnement », précise Léna Polin.
Historiquement, ces insectes étaient plus communs dans le sud de la France, mais « on les trouve aujourd’hui partout », souligne l’entomologiste. « Y compris de plus en plus dans le nord du pays, probablement en partie en raison du réchauffement climatique », affirme-t-elle. Elle ne considère pas cette espèce comme « nuisible », du moins pas en général. « Les chenilles processionnaires ont des prédateurs, tels que les oiseaux, les guêpes, les chauves-souris ou encore les hérissons. Elles jouent un rôle utile dans la chaîne alimentaire », insiste Léna Polin. Cependant, la prolifération de ces chenilles peut être nuisible à la santé humaine et animale, une prolifération essentiellement provoquée par la diminution, voire la disparition, des espèces qui, traditionnellement, les consommaient.

