Noyades en série en Gironde : Lacanau annonce une barrière payante.
Quatre décès par noyade ont été enregistrés depuis le début de la vague de chaleur en cette fin mai sur le littoral girondin. Les communes du littoral disposent de 12.000 places gratuites sur les parkings.
Les plages du littoral girondin resteront-elles des zones gratuites dans les années à venir ? Alors que quatre décès par noyade ont été enregistrés depuis le début de la vague de chaleur à la fin mai, les élus des stations balnéaires du littoral girondin, qui ont été fortement fréquentées, font le bilan. Pour réviser leur « plan plages », conçu il y a plusieurs décennies, l’adapter aux périodes de forte affluence et le rendre plus flexible en cas de canicule, ils nécessitent des ressources supplémentaires. Bien qu’ils aient engagé des fonds d’urgence ces derniers jours, ils sollicitent de l’aide.
Lors d’une conférence de presse ce vendredi, ils ont indiqué que pour mener à bien cette « mission publique », il leur faudrait absolument le soutien de partenaires (communautés de communes, métropole, département, région, etc.). Sans soutien, certaines plages pourraient devenir payantes. Un coût supplémentaire est inévitable pour recruter davantage de sauveteurs et gérer les déchets engendrés par environ 150.000 personnes qui affluent sur la côte à la recherche de fraîcheur durant le week-end.
### « On n’aura peut-être pas le choix »
« On ne peut pas continuer à financer tout ça, déclare Laurent Peyrondet, maire de Lacanau et président du syndicat pour la surveillance des plages de Gironde, qui regroupe 14 communes. Si nous ne parvenons pas à un accord, nous serons contraints d’instaurer un péage ». Bien qu’il insiste sur le fait que l’accès devrait demeurer gratuit, il précise qu’il pourrait envisager de rendre les 5.000 places de Lacanau payantes, avec un tarif d’entrée de 3 euros. « Ce n’est pas ma volonté, mais on n’aura peut-être pas le choix. »
En tout, les communes du littoral disposent de 12.000 places gratuites sur les parkings. Dès septembre, des propositions seront soumises aux partenaires par le syndicat mixte pour la surveillance des plages de Gironde, incluant une adaptation des moyens en cas de forte chaleur et une ouverture anticipée de la saison. « Je pense que le montant ne sera pas insurmontable pour chacun d’entre eux », espère Laurent Peyrondet.
« On rend une mission publique et cela a un coût, conclut Olivier Euzet, adjoint au Porge. Nous voulons maintenir la liberté d’accès aux plages, comme pour la montagne, mais nous craignons d’être contraints de prendre des mesures déjà adoptées dans d’autres grands sites touristiques. »

