International

Taylor Swift : Un Autrichien condamné à 15 ans pour un attentat lors d’un concert

Le tribunal de Wiener Neustadt a condamné un homme de 21 ans à 15 ans de prison pour son implication dans plusieurs projets d’attentats djihadistes, dont celui qui visait un concert de Taylor Swift à Vienne à l’été 2024. L’enquête a mis en lumière que Beran A. et deux autres hommes avaient envisagé des attaques contre des membres des forces de l’ordre à La Mecque, Istanbul et Dubaï en mars 2024.


Le tribunal de Wiener Neustadt, en Autriche, a condamné le jeudi 28 mai 2026 un homme de 21 ans à une peine de 15 ans de prison pour son implication dans plusieurs projets d’attentats djihadistes, incluant une menace visant un concert de Taylor Swift à Vienne prévu pour l’été 2024. Après plusieurs heures de délibération, le jury a déclaré Beran A. coupable de tous les chefs d’accusation, y compris des infractions liées au terrorisme.

Cet Autrichien avait été arrêté en août 2024, la veille du premier de trois concerts de la chanteuse américaine dans la capitale autrichienne, suite à des informations fournies par les services de renseignement américains. Les concerts, qui devaient rassembler plus de 170 000 spectateurs, ont finalement été annulés par mesure de précaution. Lors du procès, Beran A. a avoué avoir ciblé le stade où l’artiste devait se produire et a admis son adhésion à l’organisation Etat islamique depuis 2023.

À l’audience, il a déclaré avoir été convaincu qu’il « devait mener le djihad », tout en exprimant sa « peur de mourir ». Selon l’accusation, il aurait reçu des instructions de l’organisation djihadiste et tenté, sans succès, de fabriquer une bombe à fragmentation. Deux experts entendus par le tribunal ont par ailleurs affirmé n’avoir observé aucun trouble psychologique chez l’accusé.

L’enquête a également révélé d’autres projets d’attaques. Beran A. a reconnu s’être rendu à Dubaï en mars 2024 après avoir acquis deux couteaux, avec l’intention d’attaquer des policiers. Il a cependant avoué avoir renoncé à ce plan au dernier moment, pris de « panique ». Le parquet le soupçonne également d’avoir recherché des conseils sur le choix des armes auprès de groupes de discussion et d’un responsable de l’Etat islamique dont il relayait la propagande.

Jugé avec Arda K., également âgé de 21 ans, Beran A. était suspecté d’avoir formé une cellule terroriste avec ce dernier et un troisième homme, Hasan E., actuellement détenu en Arabie saoudite. Selon l’acte d’accusation, les trois suspects avaient envisagé d’attaquer des membres des forces de l’ordre à La Mecque, Istanbul et Dubaï en mars 2024. Hasan E. avait finalement agressé un agent de sécurité à La Mecque et blessé quatre autres personnes avant d’être maîtrisé.

Poursuivis en Autriche pour complicité de tentative de meurtre en raison de leurs échanges avec Hasan E. jusqu’à la veille de l’attaque, Beran A. et Arda K. ont conteste l’existence d’une action coordonnée. Au cours des plaidoiries finales, l’avocate de Beran A., Anna Mair, a soutenu que son client n’était « ni un leader, ni un cerveau idéologique » et a demandé son acquittement sur ce point. Le parquet, en revanche, a maintenu sa conviction de l’existence de « contacts intensifs » entre les suspects, affirmant qu’il était essentiel d’« envoyer clairement le message » que les auteurs de tels actes doivent être tenus responsables de l’ensemble de leurs crimes.