Belgique

Conducteur d’autobus ou d’autocars : une formation solide et des balises sérieuses

Le permis D permet de conduire des véhicules affectés au transport de personnes comportant plus de 8 places assises, accessible dès 18 ans avec un permis B et un Certificat d’Aptitude Professionnelle. En 2025, il y a eu 147 accidents impliquant un autobus ou un autocar en Belgique, sur plus de 36.000 accidents de la route avec blessés.


Tout commence par le permis D. Ce permis permet de conduire des véhicules affectés au transport de personnes et comportant plus de 8 places assises. Il n’existe pas de limite au nombre de passagers ou à la longueur du véhicule. Accessible dès 18 ans, il nécessite d’être titulaire d’un permis de voiture (permis B) et d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle, une formation complémentaire. Sans ce CAP, le permis D ne peut être obtenu qu’à partir de 24 ans.

Comme pour la plupart des permis, il existe des sous-catégories. Le permis D1, par exemple, limite le nombre de passagers à 16 dans un véhicule de 8 mètres. L’ajout de la lettre E permet de tracter une remorque dépassant 750 kg.

Avant d’obtenir ce sésame, il faut réussir les parties théoriques et pratiques spécifiques à ces types de véhicule. De plus, le futur chauffeur doit passer un examen médical spécifique pour le transport de personnes, délivré par un centre médical agréé ou un médecin du travail. « Tous les 5 ans, cette sélection médicale doit être renouvelée, tout comme le CAP », indique Kim Taylor, responsable communication de la Fédération Belge des entrepreneurs Autobus et Autocars (FBAA). « Pour le CAP, cela consiste à suivre 35 heures de cours, réparties en différents modules que le chauffeur peut choisir en fonction de ses besoins. Cela peut être un module sur la gestion d’élèves difficiles ou sur des procédures d’évacuation, par exemple. Il y a deux examens oraux et un examen pratique. »

Diverses filières de formation existent pour préparer le permis D. Cela peut se faire de manière autonome ou par l’intermédiaire de formateurs reconnus. Les auto-écoles et le Forem en Wallonie proposent des cours et exercices. Thierry Ney, porte-parole du Forem, précise que « tout le monde peut suivre une formation dans ce métier en pénurie, à condition de ne pas avoir été condamné pour faits de mœurs, infractions de roulage et conduite sous influence. Rien qu’en passant par le Forem, 142 personnes ont obtenu le permis D l’an dernier et l’objectif est d’atteindre 160 en 2026. La formation s’étale sur 6 semaines, dont deux de théorie et quatre de pratique. Certains de nos centres disposent d’un simulateur de conduite. »

Le Forem représente une option parmi d’autres. Beaucoup d’entreprises forment leurs futurs chauffeurs soit en interne, soit en envoyant les candidats dans des auto-écoles. Avec un permis D et un CAP, il est possible de conduire aussi bien un autobus qu’un autocar, que ce soit pour de petits ou longs trajets, voyages internationaux ou bus scolaires, sans restrictions. « Mais il est clair que les chauffeurs de tourisme effectuent des trajets bien plus longs que ceux des bus de ligne », ajoute Kim Taylor. Si le métier varie, son objectif demeure le même : transporter des passagers.

Les flexi-jobs constituent une bouffée d’oxygène. En Belgique, 365 entreprises sont actives dans le transport de passagers, selon la FBAA, représentant environ 14.000 chauffeurs. Cependant, il en manque encore environ 530, dont 180 en Wallonie. « Fin 2024, on avait encore 950 postes vacants. Depuis l’apparition des flexi-jobs dans notre métier, en janvier 2024, nous avons pu réduire ce déficit. On estime avoir engagé 4000 flexi-jobbers, très utiles pour les ramassages scolaires où nous avons besoin de personnel en début et en fin de journée », souligne Kim Taylor. Toutefois, cette mesure n’a pas suffi à combler la demande, le secteur continuant de croître. Entre 2019 et 2025, le nombre de chauffeurs et de véhicules a augmenté de 12%. Le transport en commun semble de plus en plus populaire.

Enfin, contrairement à certaines idées reçues, le transport en commun demeure particulièrement sûr. Selon l’institut pour la sécurité routière VIAS, il y a eu 147 accidents impliquant un autobus ou un autocar en 2025, sur plus de 36.000 accidents de la route avec blessés au total en Belgique.