Canicule : Comparaison des épisodes de mai 1922, mai 1945 et actuel en France.
Des records de températures ont été battus lundi dans l’Hexagone, principalement dans l’ouest du pays. Selon Météo-France, cet épisode de fortes chaleurs « durer au moins jusqu’à la fin de la semaine ».
Il fait chaud, très chaud même. Des records de température ont été battus lundi en France, principalement dans l’ouest du pays. D’autres records pourraient être établis ce mardi ou dans les jours à venir, cet épisode de forte chaleur devant selon Météo-France « durer au moins jusqu’à la fin de la semaine ».
Alors que les climatologues soulignent le caractère « précoce » de cette vague de chaleur, certains climatosceptiques cherchent à minimiser ce phénomène sur les réseaux sociaux. Leur argument : ces « vagues de chaleur » ont déjà eu lieu dans le passé à la même période. En se basant sur « les archives météo françaises », ils comparent régulièrement l’épisode actuel à celui de « mai 1922 ». Cette comparaison émerge souvent sur un graphique partagé par plusieurs internautes, incluant également les vagues de chaleur de « mai 1945 » et « mai 1947 ». Quelle est la réalité ?
Ces épisodes de chaleur antérieurs ont effectivement existé, mais il convient de nuancer ces comparaisons. Comme l’a souligné l’agroclimatologue Serge Zaka sur X dans l’une de ses nombreuses réponses, en matière de températures, « nous sommes beaucoup plus haut aujourd’hui ». Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, confirme : « l’épisode de chaleur que nous vivons actuellement est très au-dessus de ce que nous avons connu dans le passé au mois de mai ». Il précise que cette période se distingue « en intensité, en extension géographique, et aussi en durée ».
« Certes, les températures maximales étaient très élevées en journée (34,8 °C à Paris le 24 mai 1922), mais les températures minimales n’avaient rien à voir avec celles d’aujourd’hui », remarque le climatologue. « À l’époque, la température redescendait à 17 °C la nuit. Actuellement, nous constatons des nocturnes supérieures à 20 °C dans de nombreuses régions. Rien que cette nuit, nous avons relevé plus de 22 °C à Dinard (Bretagne), et près de 22 °C à Nantes (Loire-Atlantique) ».
En ce qui concerne mai 1945 – un autre exemple cité par les internautes -, Matthieu Sorel note que le même phénomène avait été observé. Le 19 mai 1945, en pleine nuit, 19 °C avaient été enregistrés à Lyon, atteignant jusqu’à 34 °C durant la journée.
De plus, pour mai 1922 et mai 1945, le terme « vague de chaleur » n’est pas approprié. « Une vague de chaleur correspond à des critères bien précis de températures, maintenus durant plusieurs jours à l’échelle nationale », rappelle le climatologue. « Notre indicateur de vague de chaleur [à Météo-France] n’a été mis en place qu’en 1947. Cependant, rien qu’à la lumière des températures, même nocturnes, sur ces dates anciennes, nous sommes très loin des critères d’une vague de chaleur ».
Ces épisodes de mai 1922 et mai 1945 sont davantage comparables à des pics de chaleur, selon Matthieu Sorel. « Ce sont des épisodes de chaleur ponctuels, relativement courts, et qui ne sont pas nécessairement généralisés à l’échelle du pays », précise-t-il.
Pour l’épisode actuel, les « seuils de vagues de chaleur » n’ont pas encore été atteints, mais cela pourrait être le cas dès « ce mardi ou dans les jours à venir », conclut le climatologue.

