Enfant étranglé à Rennes : Scénario flou d’une partie de pêche ratée
Le corps de Théo, 11 ans, a été découvert dimanche vers 17 heures dans un secteur boisé en contrebas du pont, rue Dupont-des-Loges, sur une rive de la Vilaine. Une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte et confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes.
Trois mineurs étaient à la pêche, et une jeune victime a été retrouvée avec une serviette de bain autour du cou. Deux jours après la découverte du corps de Théo, 11 ans, les circonstances précises des événements survenus dimanche après-midi sur les rives de la Vilaine demeurent très floues.
Le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, tiendra une conférence de presse ce mardi à 18 heures. Ce magistrat devrait clarifier les zones d’ombre entourant cette affaire, qui a profondément choqué un quartier tranquille de la capitale bretonne.
**Comment le corps a-t-il été découvert ?**
Dimanche, aux alentours de 17 heures, le corps du collégien a été retrouvé dans une zone boisée sous le pont, rue Dupont-des-Loges, sur une rive de la Vilaine. Malgré les tentatives de réanimation, Théo a été déclaré mort sur place. Une serviette de bain mouillée était « nouée très serrée » autour de son cou, selon un communiqué du procureur. Une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte et confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes.
**Que s’est-il passé entre les trois adolescents ?**
C’est la principale incertitude de cette affaire. D’après des informations collectées par *Le Parisien*, Théo et les deux suspects ont été aperçus ensemble, équipés de « cannes à pêche premier prix ». Ils avaient approché un autre pêcheur pour lui demander des « vifs », ces petits poissons utilisés comme appâts. L’atmosphère était alors décrite comme « paisible ».
Vers 16h30, ce témoin a remarqué « deux silhouettes » quitter rapidement les lieux en courant, laissant Théo seul. Intrigué par des cris d’enfant, il a alerté les secours. S’agit-il d’un jeu qui a mal tourné, d’une bagarre qui a dégénéré ou d’un acte délibéré ?
**Quels étaient les liens entre Théo et les deux suspects ?**
Une autre question importante concerne la connaissance préalable entre la victime et les suspects. Habitaient-ils le même quartier ? Se sont-ils simplement rencontrés au bord de l’eau lors d’une journée de forte chaleur ?
Né en novembre 2014, Théo vivait avec ses parents et son frère jumeau dans le secteur du Mail François-Mitterrand, à environ deux kilomètres du lieu du drame. Des riverains interrogés par *Ouest-France* décrivent la famille comme « sympathique, sans problème ». Dans ce quartier aisé, certains habitants ont d’abord pensé à des tensions liées à la présence de marginaux ou de toxicomanes sur les berges, avant que l’hypothèse d’un drame entre adolescents émerge.
La mort de Théo, qui était scolarisé en classe de 6e dans un collège du centre-ville de Rennes, a suscité une immense émotion. La direction de l’établissement a adressé un message de soutien aux familles, précisant que l’accueil serait perturbé mais que les cours demeureraient maintenus. Le rectorat de l’académie de Rennes a confirmé à *20 Minutes* la création d’une cellule d’écoute active, avec des professionnels de santé, pour soutenir les élèves, notamment le frère jumeau de la victime, ainsi que les équipes éducatives.
**Où en est l’enquête ?**
Lundi, l’enquête a connu une accélération soudaine. Les deux adolescents qui avaient été vus avec la victime ont été placés en garde à vue pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans ». Un garçon de 16 ans a été interpellé le matin à son domicile. Une fille de 15 ans s’est également présentée spontanément au commissariat en début d’après-midi. Pour l’instant, les deux adolescents, considérés comme présumés innocents, continuent d’être entendus par les enquêteurs. Leur profil et leurs antécédents restent encore flous à ce stade.
En parallèle des auditions, les investigations techniques sont toujours en cours. Lundi, les plongeurs des sapeurs-pompiers ont effectué de longues recherches dans les eaux de la Vilaine à la recherche d’indices matériels, avant que le périmètre de sécurité ne soit levé en milieu de journée.

