La Sainte-Rolende ne peut pas se dérouler avec des chevaux à Gerpinnes
La marche de la Sainte-Rolende de Gerpinnes a rassemblé environ 1500 personnes sur la Place de Gerpinnes dimanche soir. Suite à un incident impliquant un cavalier et son cheval, une dizaine de personnes a été « a minima » blessée.
La marche de la Sainte-Rolende de Gerpinnes attire les foules, regroupant participants de tous âges. Dans les rangs, chacun endosse son rôle, notamment les majors qui affichent leur plumet blanc avec fierté. Cependant, suite à un incident survenu hier soir où un cheval a chargé dans la foule, ces derniers se retrouvent sans leur monture. Habituellement à cheval, ils défileront cette année à pied.
C’est un changement difficile pour Denis, qui participe à la marche d’Acoz depuis onze ans. « On est tous très déçus. Nos chevaux, on les soigne comme nos propres enfants, on fait tout ce qu’on peut pour eux. C’est malheureux que tout le monde soit sanctionné », déclare-t-il.
Fabrice, cavalier de la compagnie d’Acoz depuis 40 ans, partage le même sentiment. Bien que les tambours résonnent, il traverse le village le cœur lourd. « Les gens m’ont fait pleurer parce que d’habitude on est à cheval pour rendre les honneurs ici à Acoz. C’est horrible », confie-t-il.
Bien que déçus, les majors comprennent la décision. Certaines traditions de la marche peuvent stresser les chevaux, rendant leurs réactions imprévisibles. Lors des décharges, les chevaux galope devant les marcheurs alignés, tandis que ceux-ci tirent en l’air simultanément, engendrant une détonation impressionnante.
Fabrice, cavalier professionnel dans la compagnie d’Acoz, indique qu’il existe des risques malgré l’entraînement des chevaux et des cavaliers. « C’est un convoi épique dans lequel ils ont l’habitude d’évoluer. Mais le fait de tirer, avec de la poudre, avec beaucoup de gens autour, ils ne réagissent pas toujours comme on l’imagine. » Selon lui, le public sous-estime parfois le danger. « Il faut laisser au cheval une petite ouverture et trouver une échappatoire s’il y a un problème. Mais les gens ne s’imaginent pas et c’est ça le danger. »
Dans la foule, beaucoup soutiennent les modifications. Trois jeunes femmes, récemment impliquées dans les festivités, estiment que les chevaux ne sont pas essentiels. « Avec la chaleur, je pense qu’on devrait interdire les animaux d’office. C’est dangereux, il y a du monde, de l’alcool, j’espère vraiment qu’on verra la différence pour l’année prochaine. »
Pour certains, l’absence des chevaux se fait sentir lors de la Sainte-Rolende. « C’est particulier, parce que ça fait partie du folklore, mais il faut respecter la décision », souligne un musicien. « Il faudrait peut-être les réintégrer mais d’une manière différente. Les enlever des décharges, par exemple. »
Brigitte observe son petit-fils de huit ans défilant en costume bleu et rouge. « Je pense qu’au-delà de tout ça, on retrouve la magie de la Pentecôte et du soleil. On voit des gens, on prend le temps d’échanger des mots. C’est fantastique. »
Delphine, ancienne cantinière de la compagnie d’Acoz, ajoute : « Je ne suis pas sûre que ça change grand-chose. À partir du moment où on décide de marcher, c’est qu’on l’a dans le cœur, on l’a dans le sang. Quoi qu’il arrive, on marchera, avec ou sans cheval. »
Les festivités se poursuivent, mais sans prendre de risques, selon Julien Matagne, bourgmestre de Gerpinnes. « C’est la première fois que ça arrive, les cavaliers sont frustrés, mais il fallait prendre une décision », explique-t-il. « Deux incidents dans une même journée, il ne faut pas attendre le troisième pour agir. »
Pour rappel, environ 1500 personnes étaient présentes sur la Place de Gerpinnes dimanche soir lorsqu’un cavalier a perdu le contrôle de son cheval, entraînant « au minimum » une dizaine de blessés. Cinq ambulances sont rapidement intervenues. Julien Matagne, se veut rassurant : « Je parle avec beaucoup de prudence, mais a priori, ce ne sont que des blessures superficielles. »
Ce premier incident fait suite à un autre survenu quelques heures plus tôt ce dimanche, vers 12h30, lorsque qu’un cheval âgé d’une vingtaine d’années est décédé après une décharge à Hymiée.

