Addiction aux stupéfiants : la STADD choisit la thérapie, pas les sanctions.
La Société Tunisienne d’Addictologie (STADD) a appelé, ce vendredi, à substituer l’approche répressive actuelle par une prise en charge sanitaire et thérapeutique, en considérant l’addiction comme une maladie chronique sujette aux récidives. Selon un communiqué du Parlement, l’organisation préconise un cadre législatif structuré et un protocole médical garantissant la stricte confidentialité des soins, conformément au droit à la santé inscrit à l’article 43 de la Constitution.
La Société Tunisienne d’Addictologie (STADD) a plaidé, ce vendredi, pour remplacer l’approche répressive actuelle par une prise en charge sanitaire et thérapeutique, en considérant l’addiction comme une maladie chronique sujette aux récidives.
Auditionnée par la commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) au palais du Bardo, la STADD a soutenu un projet d’amendement de la loi n°1992-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants.
Selon un communiqué du Parlement, l’organisation préconise la mise en place d’un cadre législatif structuré et d’un protocole médical garantissant la stricte confidentialité des soins, conformément à l’article 43 de la Constitution relatif au droit à la santé.
Pour soutenir sa position, la Société a présenté des résultats préoccupants d’une étude nationale réalisée en milieu scolaire.
Chez les adolescents de 15 à 17 ans, le nombre d’usagers de drogues injectables est passé de 7 000 en 2009 à 9 800 en 2017, entraînant une augmentation des cas de VIH/Sida et d’hépatite virale. Pendant la même période, la proportion de Tunisiens ayant consommé des stupéfiants au moins une fois dans leur vie a grimpé de 24,6 % à 31 %, en parallèle avec une hausse des affaires judiciaires et des saisies.
Face à ces chiffres, la STADD a estimé que l’approche carcérale a montré ses limites. Elle a averti que le durcissement des peines risque de dissuader les consommateurs de recourir aux soins par crainte de la stigmatisation sociale ainsi que des répercussions familiales et professionnelles. Elle a précisé qu’une part importante de ces patients décède faute de soins, préférant se réapprovisionner en dehors des structures de santé.
La STADD a également souligné les limites des analyses classiques face aux nouvelles drogues et les défis liés à la contrebande aux frontières.
Dans ce contexte, les spécialistes ont mis en avant l’expérience du « Centre Tanit » de l’hôpital Razi de la Manouba. Opérationnel depuis le 8 mars 2023, ce centre est dédié à la prise en charge des femmes addictes, un public particulièrement exposé à la stigmatisation et aux difficultés d’accès aux soins.
Les députés de la commission ont exprimé leur soutien aux initiatives de la STADD et ont plaidé pour la création de structures similaires au « Centre Tanit » dans d’autres régions du pays. Plusieurs parlementaires, qualifiant les chiffres présentés d’« effrayants », ont réclamé une intervention urgente et globale, associant prévention, dépistage précoce, éducation et sécurité, au-delà des seules mesures répressives.

