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Microsoft présente sa première distribution Linux pour serveurs cloud.

Microsoft a lancé Azure Linux 4.0, sa première distribution Linux complète conçue pour les serveurs et le cloud. Cette distribution bénéficie d’un cycle de vie de 4 ans de support, durant lequel le noyau restera stable et régulièrement mis à jour.


Microsoft a récemment présenté sa première distribution Linux destinée aux clients de son service cloud, Azure. Une évolution qui s’inscrit dans une logique déjà observable dans son parcours récent.

Depuis la fin des années 2000, l’histoire de Windows est étroitement liée à Linux. À cette époque, Microsoft avait contribué à l’amélioration du noyau Linux pour optimiser la compatibilité de Hyper-V, son système de virtualisation. En 2011, l’entreprise s’est même classée parmi les cinq premiers contributeurs du noyau Linux, un fait inédit.

Depuis, les avancées techniques de Windows ont été accompagnées d’initiatives concernant Linux. La société a compris qu’il était essentiel de faire une place à Linux au sein de l’écosystème Windows pour renforcer Azure, son service cloud, face à un marché en pleine expansion.

Parmi les initiatives notables, on peut mentionner ACS, un système d’exploitation basé sur Linux lancé en 2015 pour la gestion des infrastructures des centres de données Azure. De plus, SQL Server permet depuis 2016 d’exécuter nativement des distributions Linux. C’est également en 2016 que Microsoft a intégré Linux à Windows avec WSL (Windows Subsystem for Linux), qui permet d’exécuter un environnement Linux directement dans le système d’exploitation sans dépendre d’une machine virtuelle.

Cette année, Microsoft prend un nouveau tournant en lançant Azure Linux 4.0, sa première distribution Linux complète dédiée aux serveurs et au cloud.

Actuellement, on estime que 90 % des infrastructures cloud mondiales fonctionnent sous Linux, reconnu pour ses performances, sa modularité, son système de conteneurs et sa stabilité. Brendan Burns, responsable produit et technique de Microsoft Azure, a déclaré lors de l’Open Source Summit North America que Linux était « devenu le système d’exploitation le plus répandu sur le cloud Azure au cours des dix dernières années ». Linux a même surpassé Windows Server au sein du service cloud de Microsoft, étant utilisé par plus de deux tiers des clients d’Azure.

Les ingénieurs d’Azure doivent donc tenir compte de cette réalité et mettre à disposition les outils adéquats pour éviter une perte de clients. C’est ainsi que Microsoft a décidé de lancer sa première distribution Linux, Azure Linux 4.0, fruit de plusieurs années d’utilisation interne. Le suffixe 4.0 indique que cette version provient de CBL-Mariner, une ancienne plateforme logicielle de gestion de conteneurs de Microsoft qui a ensuite été rebaptisée Azure Linux.

Azure Linux 4.0 est basé sur Fedora et son système de gestion de paquets, avec Microsoft supervisant la chaîne d’approvisionnement pour une meilleure intégration de l’infrastructure cloud. La distribution se présente comme minimaliste et épurée, avec un noyau optimisé pour Azure, sans environnement de bureau tel que KDE.

Bien que principalement destinée au travail dans le cloud, Microsoft a également conçu des images d’Azure Linux 4.0 pour Windows Subsystem for Linux (WSL), permettant ainsi aux développeurs de faire tourner le système sur leur machine et de coder dans des conditions réelles.

Microsoft précise que cette distribution dispose actuellement d’un cycle de vie de quatre ans de support, garantissant un noyau stable et des mises à jour régulières. Des correctifs seront fournis dès qu’une vulnérabilité critique sera identifiée, que ce soit par mise à jour automatique ou manuelle.

Azure Linux 4.0 n’a pas pour objectif de remplacer les autres distributions existantes, comme Red Hat ou Ubuntu, mais de proposer une solution soutenue directement par Microsoft.