Belgique

Grève des enseignants : le mouvement s’étend, élèves et parents s’adaptent.

Le mouvement de grève des enseignants s’étend à Liège, Verviers, Bruxelles et Hainaut, selon Luc Toussaint de la CGSP Enseignement et Roland Lahaye de la CSC Enseignement. Les syndicats d’enseignants sont mobilisés contre les mesures du décret-programme qui pourrait être voté le 27 mai au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


« Le mouvement est en pleine croissance », a déclaré ce mardi Luc Toussaint, responsable de la CGSP Enseignement. « La mobilisation reste forte et s’étend à Liège et à Verviers. Des piquets sont organisés à Bruxelles et dans le Hainaut », a ajouté Roland Lahaye, représentant de la CSC Enseignement.

Les syndicats d’enseignants sont mobilisés contre les mesures du décret-programme qui pourrait être voté au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 27 mai.

Du côté de Mars Attacks, un collectif d’acteurs de l’enseignement qui s’oppose aussi aux réformes prévues par le gouvernement de la FWB, une carte a été dressée pour signaler les écoles où des groupes d’enseignants participent au mouvement de grève. Les points rouges représentent les écoles engagées collectivement, tandis que les points jaunes indiquent les endroits où des groupes d’enseignants se sont organisés. Cette liste s’allonge régulièrement. Sur la carte, de nombreux points rouges ou jaunes sont visibles en province de Liège, ainsi qu’en région bruxelloise. D’autres régions, comme le Hainaut, le Brabant wallon et les provinces de Namur et du Luxembourg, voient également leur présence augmenter.

Selon les établissements, la manière dont le mouvement de grève s’organise varie. « 5 jours de grève à partir de mercredi », annoncent les représentants d’une école bruxelloise. « Grève du 21 au 27 », signale un autre établissement. « Grève tournante avec piquets du mercredi 20 au mercredi 27 », préviennent des enseignants d’une autre école, alors que d’autres prévoient deux heures d’arrêt de travail pour aller manifester.

En ce qui concerne l’information pour les élèves et leurs parents, un exemple à Bruxelles montre que l’établissement « De l’autre côté de l’école » est en grève et suspend les cours pour une semaine. « Stop au mépris », peut-on lire sur une banderole affichée devant l’école. Ici, les élèves qui souhaitent venir sont accueillis pour se préparer au CE1D qu’ils passeront fin juin. La direction a informé les parents de la situation. « On a fait une réunion de parents hier soir pour leur expliquer notre positionnement et les écouter. Ils étaient stressés. On a essayé de les rassurer. On doit se faire entendre », explique Amandine Tuerlinckx, la directrice.

La situation semble être perçue différemment par les parents et les élèves, selon les écoles. Dans certains établissements, la direction a averti les parents de la probable présence de piquets de grève à l’entrée, garantissant que l’école restera ouverte pour accueillir les élèves, selon les moyens disponibles. Certains parents s’inquiètent également de la possibilité pour leurs enfants d’entrer dans l’école.

Un point de question se pose : qu’en est-il de la comptabilisation des présences des élèves dans ces circonstances ? Un élève qui ne pourrait pas entrer à l’école en raison d’un piquet de grève sera-t-il comptabilisé comme ayant une « absence injustifiée » ? Cette question a été posée à la Direction de l’Enseignement, sans qu’une réponse puisse encore être fournie.