Tunisie

Ali Abdallah : « Gaza ne subit pas le silence mondial, la Palestine résiste »

Ali Abdallah a dénoncé l’occupation israélienne qui soutient les colons dans leur entreprise d’expulsion du peuple palestinien, en violation flagrante du droit international. Il a affirmé que la révolution nationale palestinienne s’est construite sur la revendication du droit au retour, qui est consacré par la résolution 194, jamais mise en œuvre.

Lors d’une intervention sur la Radio nationale, l’ancien diplomate et écrivain palestinien Ali Abdallah a critiqué la double mesure du droit international, examiné le projet colonial sioniste et affirmé une résistance résolue, dressant un tableau clair des enjeux qui façonnent l’avenir du peuple palestinien.

Ali Abdallah a souligné qu’en 1948, la Palestine a été occupée par le mouvement sioniste, soutenu par les puissances occidentales, par la force des armes, accompagnée de massacres systématiques. Environ 530 localités palestiniennes ont été détruites, y compris le village de Deir Yassin, et plus de 14 000 regroupements urbains et ruraux anéantis dans ce que l’on appelle la Palestine historique. La résolution 181 des Nations Unies, qui proposait la création de deux États, a été appliquée pour l’entité sioniste mais est restée sans effet pour les Palestiniens. Le refus des États arabes d’accepter cette résolution à l’époque a eu des répercussions que la bande de Gaza subit encore actuellement.

La Nakba n’est pas un événement du passé : elle se perpétue. L’occupation israélienne soutient les colons dans leur effort de changement démographique, d’annexion des terres et d’expulsion du peuple palestinien par une violence extrême, en contradiction flagrante avec le droit international. Il s’agit d’une nouvelle guerre d’extermination visant à remplacer la population, un objectif constant depuis 1948 jusqu’en 2023. La population des quatorze camps de réfugiés en Cisjordanie, ciblée par l’armée d’occupation, représente la cause palestinienne : des droits politiques et le droit à l’autodétermination. La révolution nationale palestinienne s’est bâtie sur la revendication du droit au retour, reconnu par la résolution 194, qui n’a jamais été appliquée.

Un droit international à géométrie variable

Ali Abdallah a dénoncé une application inégale du droit international : chaque fois qu’il s’agit de la Palestine, des doubles standards s’appliquent, tandis que le moindre incident impliquant un Israélien entraîne une réaction immédiate. Les Palestiniens ont signé des accords avec l’occupation dans le cadre de la légitimité internationale et se sont conformés aux résolutions de l’ONU, mais aucun engagement concernant leurs droits n’a jamais été respecté. Il a réaffirmé l’attachement du peuple palestinien aux principes du droit international et des droits de l’homme, en exigeant que la même mesure soit appliquée à tous.

L’ancien diplomate a décrit une population de deux millions de Palestiniens détruite, une société dévastée à 90 %, des vivres, de l’eau potable et des écoles faisant défaut pour les familles déplacées, avec des ruines sous lesquelles se trouvent encore des corps d’enfants. Il a appelé la communauté internationale à réfléchir : jusqu’à quand le peuple palestinien paiera-t-il de son sang les calculs stratégiques d’autrui ? Il a exigé des actions politiques concrètes : une reconnaissance réelle de l’État palestinien et des droits du peuple palestinien à l’égal des autres peuples.

Tout conflit dans la région a un impact direct sur la question palestinienne, qui est à l’origine de ces guerres. Tant que les droits politiques et l’autodétermination du peuple palestinien ne seront pas rétablis, tant qu’un État palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale ne sera pas établi, la paix restera inaccessible. Les Palestiniens ont tenté la voie de la négociation, notamment à travers les accords d’Oslo, et ont consenti de nombreuses concessions, mais le monde revient toujours à défendre ses propres intérêts. Le conflit irano-américain pèse sur les habitants de Gaza, dans l’indifférence de la communauté internationale qui se contente de déclarations sans lendemain.

Le projet de déportation et la résistance palestinienne

L’écrivain affirme que l’objectif central de la guerre menée par Benyamin Netanyahou, avec le soutien américain, est la déportation forcée des habitants de Gaza, puis de Cisjordanie, afin d’éliminer la présence palestinienne. Ce projet sioniste a échoué face à la résistance de l’ensemble du peuple palestinien, qui a répliqué : non à la déportation, non à l’abandon de la terre. Les Palestiniens sont les propriétaires légitimes de cette terre et l’occupation sioniste est provisoire. Rome, la France, l’Allemagne, l’Empire ottoman ont tous disparu ; même si l’occupation devait durer mille ans, le peuple palestinien restera sur sa terre et préservera son identité nationale. L’entité sioniste est vouée à disparaître.

L’espoir malgré l’obscurité

Les reconnaissances internationales de l’État palestinien par la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Belgique, la France et d’autres signalent un frémissement inédit dans les sociétés civiles européennes, un espoir que le peuple palestinien se doit de saisir. Face aux tentatives d’annulation des accords d’Oslo par la Knesset, Ali Abdallah a noté qu’Oslo n’existe plus sur le terrain, mais que le retour de plus d’un million six cent cinquante mille Palestiniens sur leur terre grâce à ces accords est une réalisation concrète. Aucune armée arabe n’est venue libérer la Palestine, aucune initiative extérieure n’a offert les droits sans contrepartie. La résistance, qu’elle soit politique, juridique, militaire ou culturelle, reste la seule voie. Le défi suprême est de rester sur la terre palestinienne et de maintenir une vie palestinienne. Ali Abdallah a demandé une protection internationale contre un occupant qui ne respecte ni l’humanité ni les normes universelles.