Belgique

Philippe Close : Les célébrations du Cinquantenaire « ne sont pas un soutien à Trump »

Le 28 juin prochain, à Bruxelles, le Cinquantenaire devient américain à l’occasion des célébrations des 250 ans des Etats-Unis et plusieurs milliers d’invités sont attendus. L’ambassadeur Bill White a annoncé avoir déjà récolté plus de 3,5 millions d’euros pour cet événement.


Une parade d’avions de la Seconde Guerre mondiale, un concert du célèbre producteur de funk-soul Nile Rodgers et un feu d’artifice géant… Le 28 juin prochain, à Bruxelles, le Cinquantenaire se transforme en lieu américain pour célébrer les 250 ans des États-Unis. Cet événement exceptionnel ne réunira que des invités sélectionnés, représentant plusieurs milliers de personnes. Cet anniversaire dans la capitale de l’Europe, également siège de l’OTAN, a été initié par l’administration Trump et l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White. Cependant, cet événement suscite des controverses et a été abordé lors du conseil communal de la Ville de Bruxelles ce lundi soir.

Après qu’un certain nombre d’associations ont envoyé une lettre ouverte au bourgmestre de Bruxelles et à Bruxelles Environnement pour demander le refus du permis sollicité par l’ambassade des États-Unis, et après que Gaia a invité l’ambassadeur à abandonner le feu d’artifice, c’est le parti Ecolo-Groen qui prend position. Le parti s’oppose à ce que cet anniversaire serve « de vitrine à cette administration Trump qui se rend responsable d’une guerre illégale (NDLR : en Iran) depuis le 28 février de cette année », laquelle est « responsable de l’achèvement final de l’ordre mondial basé sur le respect du droit international » et « qui bafoue l’état de droit aux États-Unis même en arrivant à tuer ses propres citoyens ».

Selon l’élue Ecolo Benedetta De Marte, « au-delà des questions politiques, beaucoup de Bruxellois s’inquiètent aussi des nuisances sonores, des dégâts possibles pour le parc et pour la faune, du coût public en sécurité et des risques de tensions ou de manifestations autour d’un événement aussi sensible ». Elle a interpellé le bourgmestre Philippe Close (PS) alors que le conseil communal devait se prononcer sur l’autorisation de l’ambassade pour des missions privées de contrôle de personnes pendant les 10 jours précédant et suivant le 28 juin.

L’élue Ecolo souhaite comprendre « quelle est la logique de donner aux États-Unis, à Donald Trump et à un ambassadeur extrêmement provocateur qui a formulé des attaques contre les institutions belges, une vitrine internationale dans la capitale de l’Europe ? »

Pour Philippe Close, il ne s’agit pas de soutien dans ces célébrations qui se dérouleront dans un parc sous la responsabilité du Fédéral et de Bruxelles Environnement (qui a déjà donné un pré-accord), tandis que la Ville de Bruxelles gérera la sécurité et la police. « Ces célébrations auront également lieu dans de nombreuses villes à travers le monde », souligne le bourgmestre. « J’entends les remarques et les critiques. Mais quand j’autorise une association ou certains États à organiser des fêtes à Bruxelles (la Colombie, la Mongolie, le Portugal, le nouvel an chinois…), nous ne jugeons pas par rapport au gouvernement mais nous nous positionnons comme une capitale multiculturelle. On sait que tout ce qui touche aux États-Unis peut faire polémique. Mais tout le monde sait bien que c’est la célébration d’un État qui est profondément lié à notre histoire. Et je ne vois pas sur quelle base on refuserait aux États-Unis de commémorer leurs 250 ans. Il y a beaucoup à dire sur la politique de Trump et je n’en suis certainement pas un supporter. Mais je sais faire la nuance entre ce qu’est une commémoration et ce que peut être un soutien. »

L’anniversaire bénéficie du soutien d’entreprises américaines et belges. Le mois dernier, l’ambassadeur Bill White a annoncé avoir déjà collecté plus de 3,5 millions d’euros pour cet événement.