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Taïwan se déclare « indépendante » en dépit des critiques de Trump.

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a réagi en affirmant que « Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n’est pas subordonnée à la République populaire de Chine ». Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taïwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979.


« Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n’est pas subordonnée à la République populaire de Chine », a déclaré le ministère taïwanais des Affaires étrangères, jugeant que la politique de Washington reste « inchangée ».

Cette réponse diplomatique a été jugée nécessaire suite aux discussions entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Jeudi, Xi Jinping avait fermement averti : « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et États-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit ».

« Je n’ai pas envie que quelqu’un déclare l’indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre », a indiqué le président américain lors d’une interview sur Fox News, appelant Taipei et Pékin à « baisser la température ».

Le ministère taïwanais a souligné, dans un communiqué : « En ce qui concerne les ventes d’armes entre Taïwan et les États-Unis, il ne s’agit pas seulement d’un engagement des États-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d’une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales ».

Washington est obligé de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taïwan Relations Act, loi adoptée par le Congrès américain en 1979, suite à la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les États-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Depuis 1982, un principe fondamental de la stratégie américaine est de ne pas « consulter » Pékin sur ses ventes d’armes à Taïwan tout en restant flou sur la possibilité d’une intervention militaire en cas d’attaque chinoise. En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d’armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour un montant de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise. Il s’agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d’armes à Taïwan.

« Nous n’avons pas envie que quelqu’un se dise, proclamons l’indépendance parce que les États-Unis nous soutiennent », a ajouté Donald Trump, tout en précisant n’avoir pas encore pris de décision sur les ventes d’armes américaines à l’île.

La visite du président américain a permis de montrer une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans mener à des avancées significatives, que ce soit en matière de commerce ou concernant l’Iran, allié de la Chine. La visite annoncée de Xi Jinping à Washington cet automne sera un nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.