Maroc

Sundowns-ASFAR : Un match symbolique de fête africaine

Dimanche à 15 heures, au Loftus Versfeld Stadium à Pretoria, se disputera la finale aller de la Ligue des Champions entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR. L’AS FAR dispute sa première finale moderne de Ligue des champions CAF, lui qui n’avait plus atteint ce niveau depuis son sacre de 1985 sous l’ancien format.


Dimanche à 15 heures, au Loftus Versfeld Stadium à Pretoria, se déroulera la finale aller de la Ligue des Champions entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR. Cette rencontre risque de représenter une vision du football africain moderne. Il s’agira d’un affrontement entre la maîtrise méthodique des Mamelodi Sundowns et la résilience tactique d’une AS FAR, revenue quarante ans après à la pointe de ses ambitions continentales.

À l’échelle continentale, cet événement est presque une affiche emblématique où l’ambition sud-africaine se confronte à la renaissance d’une institution historique marocaine. Mamelodi Sundowns incarne le football moderne en Afrique : ultra-structuré, doté de moyens considérables, techniquement affûté, avec une culture de possession très européenne. Pretoria aborde cette finale comme une nécessité de reconquête après plusieurs campagnes frustrantes depuis son titre en 2016.

L’AS FAR représente une autre dimension, et l’attente est forte à Pretoria. C’est le retour d’un monument du football marocain sur la scène continentale. Le club r’bati dispute sa première finale moderne de Ligue des champions CAF, n’ayant pas atteint ce niveau depuis son sacre de 1985 sous l’ancien format. Pour nombre d’observateurs, cette campagne ressemble à une restauration symbolique.

À travers le continent, cette finale est perçue comme un affrontement entre deux modèles de réussite africaine. À Pretoria, l’ambiance oscille entre excitation et nervosité. Les forums et médias sud-africains évoquent un impératif de frapper fort à domicile, car le Loftus Versfeld Stadium est censé être une forteresse. Sundowns y fait preuve d’une incroyable solidité contre les clubs nord-africains, affichant une série d’invincibilité à domicile dans ce contexte.

Les supporters sud-africains voient cette rencontre comme une opportunité d’affirmer leur domination locale et de démontrer que le projet Sundowns est l’un des plus avancés d’Afrique. Là-bas, le terme qui revient souvent est « pressure ». Cependant, cette pression peut se transformer en piège, comme l’AS FAR l’a déjà expérimenté à deux reprises.

Du côté marocain, l’atmosphère est très distincte. À Rabat et dans tout le Royaume, on ressent une certaine fierté contenue. L’AS FAR aborde le match sans le statut de favori incontesté, une attitude qui s’avère propice à son identité. Ce sentiment prédomine chez ses supporters, qui ont déjà vu le club faire preuve de résilience. Le parcours face à Berkane en demi-finale, tant à l’aller qu’au retour, en est un bon exemple. Cela a laissé l’impression d’une équipe disciplinée, mentalement mature et capable de souffrir sans céder. Les fans de l’AS FAR espèrent un résultat nul ou, à défaut, une courte défaite, ce qui serait ressenti comme une victoire stratégique avant le retour à Rabat.

L’intérêt principal de cette finale réside peut-être dans sa dimension tactique. D’un côté, Mamelodi Sundowns affiche une identité de jeu affirmée, reposant sur une possession élevée, un pressing intense, des transitions rapides et une maîtrise technique qui lui permet souvent de contrôler le rythme de ses adversaires. En face, l’AS FAR adopte une approche différente, basée sur un bloc compact, une discipline défensive remarquable, une efficacité redoutable lors des transitions et une résilience mentale renforcée tout au long de son parcours continental.

Les précédents affrontements remontent à la phase de groupes de l’édition 2024-2025. Deux confrontations, deux résultats identiques, et une impression d’équilibre entre les deux équipes. À Rabat, les Sud-Africains avaient cru tenir la victoire grâce à l’ouverture du score d’Iqraam Rayners au cœur de la seconde période, avant que Mohamed Hrimat n’égalise et n’arracher un nul précieux.

Le scénario s’est reproduit quelques semaines plus tard à Pretoria. Peter Shalulile avait rapidement ouvert le score pour Sundowns, mais l’AS FAR, fidèle à sa réputation de résilience, avait trouvé les ressources nécessaires pour revenir en fin de match grâce à Amine Zehzouh, qui avait égalisé à sept minutes de la fin. En seize confrontations avec des équipes du Royaume, Sundowns affiche un bilan de quatre victoires, cinq défaites et sept matches nuls, avec un total de onze buts inscrits pour douze encaissés.

Dans un entretien exclusif accordé à CAFOnline.com, Alexandre Santos, entraîneur portugais de l’AS FAR, a reconnu que l’opposition face aux Mamelodi Sundowns s’annonce particulièrement exigeante, compte tenu de la solidité de cette équipe et de son expérience en compétition continentale. Il a également noté que son groupe concentre actuellement ses efforts sur la rigueur tactique, la réduction des erreurs et l’optimisation des moments clés, avec l’ambition d’aborder cette rencontre en toute sérénité, confiance et forte personnalité collective.

Mohamed Jaouad Kanabi