Belgique

Polémique sur les formations en pénurie : N-VA critique un « usage abusif ».

Cent douze pourcents est le ratio d’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans une formation pour un métier en pénurie entre fin 2024 et fin 2025. Selon Axel Ronse, chef de groupe de la N-VA, un « certain nombre de chômeurs ont délibérément fait un usage abusif de cette mesure transitoire, avec pour principal objectif de conserver plus longtemps leurs allocations ».


Cent douze pourcents, c’est l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à une formation pour un métier en pénurie entre fin 2024 et fin 2025, représentant plus du double. Cette hausse se manifeste avec une accélération notable lors des derniers mois de 2025, avec des augmentations passant de +30 % en août à +70 % en novembre, alors que l’entrée en vigueur de la limitation dans le temps des allocations de chômage se profilait au 1er janvier de cette année.

Il est pertinent de noter que ce type de formation permet d’obtenir une dispense et de prolonger les droits aux allocations le temps de la formation, ce qui établit un lien de cause à effet. Des reportages menés par nos équipes ont également révélé un regain d’intérêt pour ces formations, survenant après l’annonce des premières vagues d’exclusion des allocations de chômage.

Malgré cette tendance positive encouragée par les prescriptions gouvernementales, le chef de groupe de la N-VA, Axel Ronse, a exprimé une appréciation mitigée. Après la publication de ces statistiques, il a affirmé que « certaines personnes ont délibérément abusé de cette mesure transitoire, avec pour principal objectif de conserver plus longtemps leurs allocations ». Il a souligné dans la presse flamande : « Il n’est pas question que les travailleurs paient pendant des années le parcours de formation d’autres personnes si celui-ci n’a pas été entrepris pour les bonnes raisons. »

La N-VA a également évoqué que cette flambée d’inscriptions pouvait être attribuée à l’intervention active des syndicats : « Ils ont organisé des ateliers où ils ont expliqué aux chômeurs comment prolonger leurs allocations et les ont encouragés à s’inscrire », a déploré Axel Ronse dans un entretien avec nos confrères du Het Laatste Nieuws.

Cette position a suscité des réactions vives au sein des instances syndicales. Koen Meesters, secrétaire national de la CSC, a déclaré : « La formation est la première porte d’entrée vers l’emploi. Nous nous réjouissons du nombre record de personnes se tournant vers une formation pour un métier en pénurie et espérons que celle-ci soit en adéquation avec leurs talents. La méfiance extrême que la N-VA nourrit à l’égard des citoyens et de la société est révélée par leur manière de jeter la suspicion sur ceux qui font l’effort de se former. » Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a ajouté : « C’est normal que les personnes en difficulté cherchent à se doter d’un avenir lorsque des filières de formation sont mises en place. »

Au cœur de cette controverse se trouve la réponse du ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval, à une question parlementaire sur le sujet. Toutefois, cette réponse n’évoquait pas l’analyse que le ministre MR faisait de ces chiffres. Il a été signalé que Clarinval ne partageait pas les préoccupations de son partenaire de majorité, affirmant que : « C’est très positif que les demandeurs d’emploi s’inscrivent dans des formations étant donné le nombre de métiers en pénurie. Cela leur permet de renouer avec un apprentissage actif menant vers une insertion durable sur le marché de l’emploi. » Il a cependant précisé que les régions devaient garantir la qualité et le suivi de ces formations pour assurer une réinsertion durable des individus sur le marché du travail. Il est à noter que les libéraux étaient le seul parti de la majorité actuelle à avoir voulu s’opposer à l’établissement de cette dispense lors des négociations pour le gouvernement Arizona, la N-VA étant à l’encontre de cette position, soutenue par les autres partis de la majorité.