Guerre au Moyen-Orient : l’Iran ne veut pas négocier avec les États-Unis
La trêve entre les Etats-Unis et l’Iran ne tient plus qu’à un fil, avec une escalade des tensions constatée depuis ce week-end au sujet du blocage du détroit d’Ormuz. Téhéran a affirmé qu’il « n’avait actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran-Etats-Unis », tandis que Donald Trump a annoncé l’envoi du vice-président JD Vance au Pakistan pour relancer les pourparlers.
La trêve entre les États-Unis et l’Iran est particulièrement fragile. L’escalade de tensions est palpable dans la guerre au Moyen-Orient, surtout depuis ce week-end. Washington et Téhéran s’opposent au sujet du blocage du détroit d’Ormuz, une voie essentielle pour le commerce mondial des hydrocarbures, et se dénoncent mutuellement des violations du cessez-le-feu.
Bien qu’une délégation américaine soit attendue ce lundi au Pakistan pour relancer les pourparlers de paix, à deux jours de la fin du cessez-le-feu, l’Iran a indiqué qu’il ne comptait pas participer à de nouvelles négociations avec Washington.
La télévision d’État iranienne (Irib) a déclaré dimanche que Téhéran n’avait « actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran-États-Unis », tandis que l’agence officielle Irna a noté qu’il n’existe « aucune perspective claire de négociations fructueuses ».
De plus, plusieurs médias iraniens ont rapporté qu’une levée du blocus naval américain serait nécessaire avant d’envisager ces pourparlers. Cette situation est compliquée par l’annonce de la saisie d’un cargo iranien par la marine américaine dans le golfe d’Oman. Le cargo Touska, sous pavillon iranien, « a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. En réponse, Téhéran, par le biais du porte-parole de l’état-major, a promis de « riposter bientôt » contre cet « acte de piraterie armée ».
Malgré l’incertitude quant à la participation iranienne, Donald Trump a annoncé dimanche l’envoi au Pakistan du vice-président JD Vance, qui avait précédemment conduit une délégation à Islamabad le 11 avril, discussion qui s’était soldée par un échec. En annonçant l’arrivée de la délégation pour lundi soir, le président américain a affirmé sur Truth Social proposer à l’Iran un « deal raisonnable », ajoutant que si l’Iran refusait, « les États-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran ».
Cependant, les positions des deux parties restent profondément divergentes, notamment sur le sujet nucléaire. Selon Donald Trump, l’Iran aurait accepté de remettre son uranium hautement enrichi, ce que Téhéran a démenti. « Trump dit que l’Iran ne doit pas faire usage de ses droits nucléaires […] Qu’est-ce qui lui prend de vouloir priver l’Iran de ses droits ? », a déclaré dimanche le président Massoud Pezeshkian, cité par l’agence Isna. Téhéran, qui nie toute intention de développer une arme atomique, défend son droit au nucléaire civil.

