Belgique

Coupe du monde 2026 : pourquoi ne pas être enthousiaste ?

Certaines personnes s’interrogent sur un possible boycott de la Coupe du monde, qui sera organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, à l’instar de ce qui s’est passé en 2022. Gilles Goetghebuer souligne que « la FIFA a une responsabilité dans ces choix, et c’est quand même étonnant qu’on aille toujours choisir des pays très polémiques ».


Comme en 2022, avant la Coupe du monde au Qatar, certains téléspectateurs s’interrogent sur la possibilité de boycotter la compétition, alors que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, accueilleront une grande partie des matchs, aux côtés du Canada et du Mexique. « À chaque édition ou presque, la question du boycott s’est posée », souligne Gilles Goetghebuer, qui évoque les exemples de la Coupe du monde de 1978 en Argentine sous le régime de Pinochet ou de celle de 1934 en Italie fasciste. Pour le journaliste, « la FIFA a une responsabilité dans ces choix, et c’est quand même étonnant qu’on aille toujours choisir des pays très polémiques ».

L’influence du président américain sur la compétition est palpable, notamment à travers sa proximité avec le président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino, et ses menaces de faire intervenir la police de l’immigration ICE dans les stades. Un spectacle que peu de supporters internationaux souhaitent soutenir.

L’organisation de cette édition de la Coupe du monde suscite principalement des critiques. Pour Gilles Goetghebuer, la FIFA « américanise le sport, avec des produits dérivés, cette mi-temps en quatre quarts temps qui permet de vendre de la publicité », et propose des billets à des prix prohibitifs pour les fans de football venant de loin.

Beaucoup de Belges devront planifier comment regarder les matchs à la télévision en raison du décalage horaire avec l’Amérique et du grand nombre d’équipes engagées. « Pendant plus de deux semaines, on va jouer 70 matchs pour éliminer 14 équipes. Ce n’est pas bien pour les joueurs qui jouent déjà beaucoup trop, cela diminue le niveau de jeu », estime Benjamin Deceuninck. Les grandes équipes devront attendre longtemps pour se rencontrer, ce qui pourrait entraîner une perte d’intérêt du public.

De plus, pour l’observateur du championnat belge, « l’enthousiasme naît des grandes victoires plus que des événements. On est passé à deux doigts du titre majeur, ce qui aurait été inouï. Maintenant, je ne vais pas vendre un faux suspense, normalement on ne la gagnera pas. Il est plus difficile de se dire que ça va être un moment inoubliable pour tout le monde ».

Les deux journalistes rappellent cependant que la Coupe du monde demeure l’un des événements les plus populaires au monde. « Avant les Jeux Olympiques de Paris, on cherchait aussi la ferveur et la fièvre dans la capitale. Au final, cela a été quand même une belle réussite », rappelle Gilles Goetghebuer.

Les amateurs de football sont concentrés sur des saisons encore en cours, notamment les compétitions européennes. « On est un peu dans l’instant présent », selon Benjamin Deceuninck.

Le présentateur de La Tribune compare les audiences des événements majeurs du sport: « Les audiences de la Ligue des champions percent toujours au niveau des quarts et demi-finales. Les matchs de la Coupe du monde et de l’Euro attirent beaucoup plus de téléspectateurs. Il y a des gens qui ne regardent jamais le football de l’année mais qui suivent la Coupe du monde et l’Euro, parce qu’on supporte son pays, on veut voir qui est le plus fort. C’est toujours agréable de pouvoir se moquer du grand voisin français si un jour on le bat ».

► Écoutez ci-dessus l’intégralité de ce débat dans le podcast du Monde en direct.