France

Encadrement des loyers à Paris : 968 euros d’économies par an depuis 2019.

Selon la dernière étude de l’Atelier parisien de l’urbanisme (Apur), les Parisiens auraient économisé en moyenne 81 euros par mois depuis 2019 grâce à l’encadrement des loyers. L’étude montre que 68,5 % des loyers pour les logements de moins de 18 m² dépassent l’encadrement sur la période de juillet 2024 à juin 2025.


81 euros par mois : c’est le montant moyen que les Parisiens auraient économisé chaque mois depuis 2019 grâce à l’encadrement des loyers, selon la dernière étude de l’Atelier parisien de l’urbanisme (Apur). Cela représente une économie annuelle moyenne de 968 euros, portée à 1.019 euros pour la dernière année étudiée, soit de juillet 2024 à juillet 2025.

Cette étude, actualisée par l’Apur qui la publie depuis 2024, confirme « l’efficacité du dispositif d’encadrement à Paris », avec des loyers en moyenne « inférieurs de 5 % à ce qu’ils auraient été sans encadrement » entre juillet 2019 et juin 2025.

Un effet plus visible sur les petites surfaces

Selon l’agence, qui a collaboré avec deux centres de recherche en économie (Cesaer et le Lép) ainsi que la plateforme d’annonces immobilières SeLoger, l’effet de l’encadrement des loyers est plus marqué pour les petits logements. Pour ceux de moins de 18 m², les loyers sont estimés à 12,4 % en dessous du niveau qui serait observé sans encadrement.

L’étude indique également que ces petits logements sont davantage exposés à des loyers dépassant l’encadrement. En effet, 68,5 % des loyers pour les logements de moins de 18 m² dépassent ce cadre entre juillet 2024 et juin 2025. Ce chiffre est de 49,6 % pour les surfaces entre 18 et 24 m², et de 40,8 % pour celles supérieures à 24 m².

En moyenne, près d’une annonce immobilière sur deux à Paris dépasse le plafond. Cette situation est particulièrement constatée dans les arrondissements de l’ouest et du centre de la ville.

Pas d’effet « durable et significatif » sur l’offre locative

Les chercheurs pensent que si tous les bailleurs parisiens respectaient la réglementation, l’impact serait doublé, entraînant des loyers inférieurs de 10,1 % en moyenne.

Face aux critiques qui attribuent la pénurie de logements à un manque de rentabilité locative, l’étude montre, au contraire, « l’absence d’effet durable et significatif de l’encadrement des loyers sur l’offre locative parisienne entre 2018 et 2025 ».

Emmanuel Grégoire, maire de Paris, et Jacques Baudrier, adjoint chargé du Logement, présents lors de la présentation de l’étude, reconnaissent qu’à Paris, l’investissement ne cherche plus depuis plusieurs années une rentabilité locative « quasi-impossible » aujourd’hui, mais des placements sûrs et des investissements à long terme visant des plus-values immobilières. Selon Jacques Baudrier, « c’est la hausse très importante du nombre de résidences secondaires et de logements vacants qui est la cause de la baisse de l’offre locative ».

Campagne de « Testing » et de « Name and Shame »

Le nouveau maire a souligné « l’agilité phénoménale » de certains bailleurs et investisseurs pour « mettre en place des stratégies de contournement de l’encadrement des loyers », citant notamment la prolifération du bail civil, dont certains gestionnaires promeuvent ouvertement les usages illégaux. Il a annoncé une campagne de « testing », probablement menée par la brigade de protection du logement, et a indiqué que la mairie n’hésitera pas à recourir au « Name and Shame » pour dénoncer publiquement les fraudeurs.

Emmanuel Grégoire a également « appelé au gouvernement » à « maintenir l’encadrement des loyers », dont l’expérimentation, mise en œuvre dans environ 70 communes, dont Lille, Lyon, Grenoble et Montpellier, doit prendre fin en novembre. Compte tenu de l’embouteillage législatif qui pourrait compromettre le vote de la proposition de loi visant à le pérenniser, il plaide pour un transfert de cette compétence aux collectivités locales.

Le gouvernement, de son côté, attend les résultats des différentes études d’impact pour déterminer si le dispositif contribue à réduire l’offre locative, comme le soutiennent ses critiques, parmi lesquels l’association Clameur, un observatoire regroupant fédérations, assurances, banques et promoteurs du secteur privé. « Si l’encadrement des loyers devait s’arrêter, l’effet serait brutal et spectaculaire, et cela pourrait se transformer en crise sociale éruptive », alerte Emmanuel Grégoire.