Prison de Fresnes : La famille du détenu suicidé engage la responsabilité de l’État
La famille de Dennis G., retrouvé pendu dans sa cellule à la prison de Fresnes le 23 janvier 2023, a déposé le 13 mai un recours devant le tribunal administratif de Melun pour engager la responsabilité de l’Etat. La famille demande l’annulation du refus implicite opposé à sa demande d’indemnisation déposée en janvier, ainsi que la condamnation de l’Etat à verser un total de 360.000 euros pour les préjudices subis.
La famille de Dennis G., un détenu retrouvé pendu dans sa cellule à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) le 23 janvier 2023, a déposé un recours mercredi 13 mai devant le tribunal administratif de Melun pour engager la responsabilité de l’État, selon un document consulté ce jeudi par l’AFP. Atteint de schizophrénie et connu pour ses tendances suicidaires, cet homme avait été placé en détention provisoire en mars 2021 après sa mise en examen pour viol et agression sexuelle.
Cette démarche fait suite à un non-lieu prononcé fin mai 2025 dans l’information judiciaire ouverte après une plainte contre X avec constitution de partie civile pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. L’avocat de la famille, Me Antoine Ory, a annoncé avoir fait appel de cette décision. Dans leur recours administratif, les proches estiment toutefois qu’une faute a été « commise par l’administration pénitentiaire » en raison de « l’absence d’une prise en charge adaptée ».
La famille réclame l’annulation du refus implicite opposé à sa demande d’indemnisation formulée en janvier, ainsi que la condamnation de l’État à verser un total de 360.000 euros pour les préjudices subis. Le recours évoque notamment « de nombreuses négligences dans la surveillance » du détenu et « une désorganisation du service ralentissant le processus de réanimation ». Selon Me Antoine Ory, « ce dossier est symptomatique de la manière dont les détenus présentant des pathologies psychiatriques sont traités en détention », en ajoutant que « de nombreux signaux d’alerte n’ont hélas pas été entendus par l’administration pénitentiaire ».
De son côté, l’administration pénitentiaire soutient que Dennis G. « a été pris en charge sur le plan psychiatrique à différents niveaux » durant sa détention et qu’il « bénéficiait d’un suivi régulier jusqu’à quelques jours avant les faits ». Elle estime également que « rien ne permet, à ce stade, d’envisager d’éventuelles fautes des personnels ou un défaut de prise en charge ».

