Pollution de l’air : Agissons ensemble contre les polluants secondaires !
La pollution atmosphérique a fait l’objet, mercredi dernier, d’un atelier d’information organisé par la Cité des sciences de Tunis. Néanmoins, la pollution excède le seuil établi par l’OMS dans deux gouvernorats, notamment à Sfax et à Gabès.
La pollution atmosphérique a été au cœur d’un atelier d’information organisé mercredi dernier par la Cité des sciences de Tunis, dans le cadre du programme annuel du Laboratoire de l’environnement et du développement durable. Un groupe d’écoliers venus de Béja a participé à cette rencontre pour approfondir leurs connaissances sur ce sujet.
La Presse — La composition de l’air se compose de 21 % d’oxygène, 78 % de diazote et 1 % d’autres gaz. Bien que l’air soit essentiel à la vie sur Terre, sa pollution affecte gravement la qualité de vie et la santé humaine. Cette pollution provient de deux types d’activités : la première, naturelle, est liée aux éruptions volcaniques, tandis que la seconde découle des activités humaines.
« Les volcans émettent des gaz et des particules polluants qui persistent dans les couches atmosphériques. Dans des situations extrêmes, ces émissions peuvent même réduire la visibilité pour les avions, obligeant les tours de contrôle à annuler des vols. Pour ce qui est des activités humaines, toutes génèrent des polluants, mais à des degrés divers. Nous parlons de polluants principaux et de polluants secondaires », explique Mme Safa Mansouri, responsable du laboratoire.
Les polluants principaux incluent le monoxyde de carbone (CO), l’oxyde d’azote et le soufre. L’oratrice met en garde le jeune public sur la grande toxicité du soufre, un gaz produit par les volcans, qui est irrespirable et provoque des intoxications lorsqu’il se propage dans l’atmosphère. Par ailleurs, la liste des polluants secondaires est étendue.
Elle mentionne, à titre d’exemple, les incendies et la combustion des déchets, qui peuvent sembler une solution de gestion des déchets, mais qui engendrent des problèmes environnementaux considérables. D’autres sources de polluants secondaires incluent le secteur industriel et le transport, ainsi que certains comportements de conduite qui génèrent significativement plus de gaz polluants que des comportements de conduite écologiques.
Mme Mansouri souligne également la gravité de la pollution atmosphérique en raison de sa mobilité. En effet, la pollution de l’air n’est pas statique ; elle se déplace d’une région à l’autre, facilité par le soleil et l’humidité. Ainsi, une région rurale, sans activité industrielle ni fort trafic, peut être affectée par des gaz et des particules polluants en provenance d’un autre zone urbaine ou industrielle.
Il est également important de noter que la pollution de l’air entraîne une pollution du sol, de l’eau et de la végétation. Cette contamination se produit par les pluies, qui peuvent être qualifiées de pluies acides en raison des nombreux gaz et particules toxiques qu’elles contiennent. Ces pluies contamineront les nappes souterraines, les barrages et, par conséquent, les ressources en eau, qui à leur tour affecteront le sol et les plantes.
Concernant l’impact de cette pollution à court et long terme, il est à noter qu’en comparaison avec d’autres pays reconnus par l’OMS pour leur forte pollution, comme le Tchad, l’Inde et la Chine, où les citoyens doivent porter des masques en permanence, la Tunisie fait face à une pollution plutôt modérée. Toutefois, cette pollution dépasse les seuils établis par l’OMS dans deux gouvernorats, Sfax et Gabès.
« Le taux de pollution à Sfax est quatre fois supérieur au seuil fixé par l’OMS », précise Mme Mansouri. Dans ces gouvernorats, comme dans les pays à forte pollution, la qualité de vie est compromise et la santé des habitants est menacée. Elle rappelle qu’une nuit, vingt-cinq habitants de Gabès ont été victimes d’asphyxie et d’intoxication.
« Cela démontre l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé. Encore une fois, nous avons un exemple d’un impact à court terme. Les conséquences à long terme peuvent être nettement plus graves pour la santé publique, puisque l’exposition prolongée à la pollution de l’air peut provoquer des maladies respiratoires chroniques, telles que les allergies respiratoires, l’asthme, ainsi que des cancers de la gorge et des poumons ».
Mme Mansouri souligne l’importance de sensibiliser le public, jeunes et moins jeunes, à la pollution atmosphérique et de les encourager à modifier leurs comportements pour préserver l’écosystème et la santé publique. Il est essentiel de réduire les émissions de gaz polluants en diminuant l’utilisation des carburants et en adoptant un mode de vie plus respectueux de l’environnement.

