Belgique

Les clubs de Bruxelles s’indignent contre la hausse des tarifs.

Le collectif d’associations a déclaré dans un communiqué que c’est « une hausse sans précédent et totalement disproportionnée ». Actuellement, La Plébéienne paie dix euros de l’heure pour la saison, tandis qu’à l’avenir le tarif sera de 210 euros de l’heure.


C’est « une hausse sans précédent et totalement disproportionnée », déclare le collectif d’associations dans un communiqué. « Une telle évolution est tout simplement impossible à absorber. »

Pour mieux comprendre la portée de ce changement, il convient de se rendre au hall omnisports de Haren, loué plusieurs fois par semaine par La Plébéienne, un club de gymnastique rythmique qui regroupe environ une centaine de membres de « tous âges et de tous milieux socioculturels ».

« Actuellement, nous payons dix euros de l’heure pour la saison », explique Laura Degrave, la gestionnaire du club. « À l’avenir, on nous demandera 210 euros de l’heure », précise-t-elle, en montrant la grille tarifaire. Laura Degrave reconnaît avoir profité de tarifs préférentiels, qui n’ont pas été augmentés depuis 20 ans.

« Je comprends l’augmentation des prix », admet-elle. « Mais elle doit se faire de manière correcte, progressive et en concertation avec les clubs. On ne peut pas demander à quelqu’un de multiplier par 20 le prix de ses locations. Si demain, un propriétaire faisait cela avec son locataire, je suis certaine qu’il se retrouverait devant le tribunal. »

Les clubs demandent « le gel immédiat de la nouvelle grille tarifaire »

Dans leur lettre ouverte aux autorités, les associations mobilisées demandent le « gel immédiat de la nouvelle grille tarifaire dans l’attente d’une concertation avec les associations sportives et la mise en place d’une tarification progressive, réaliste et soutenable ».

Cette augmentation des tarifs est généralisée : elle concerne tous les sports ainsi que les petites et grandes structures. Par exemple, le Sporting Bruxelles, un des plus grands clubs de football de la Région bruxelloise, paie aujourd’hui 27 000 euros par an pour faire jouer ses 865 jeunes sur ses quatre terrains de Neder-Over-Hembeek. L’année prochaine, la facture passera à 74 000 euros, soit presque trois fois plus.

Un luxe réservé à une minorité

Les 51 clubs signataires soulignent le « risque réel de disparition de plusieurs clubs historiques si cette mesure était maintenue en l’état ». La direction d’Anneessens 25, un club actif dans le futsal, exprime une crainte concrète face à la demande de la ville d’un tarif de location 14 fois supérieur à celui d’aujourd’hui.

« C’est impayable pour nous », déclare Mustapha Rezki, le coordinateur de projets de ce club situé dans un quartier populaire. « Il est également impossible de répercuter cela sur nos membres. Une partie de nos membres parvient à payer une cotisation, mais la plupart n’en sont pas capables. Honnêtement, cela remet en question l’existence de notre association », regrette-t-il.

Pour les signataires de la lettre ouverte, l’augmentation des cotisations n’est pas une solution : « nous refusons que le sport devienne un luxe réservé à une minorité », écrivent les représentants des clubs.

Hausse ou rattrapage ?

Contactée par la RTBF, l’échevine des sports se réfère à sa publication sur Facebook. Florence Frelinx (MR) dit être ouverte à un « dialogue direct et constructif », mais pas « par communiqués interposés ou via la presse ». Elle souligne que les clubs avaient été avertis plusieurs mois auparavant d’une prochaine augmentation tarifaire.

Sur le fond, Florence Frelinx affirme que « les tarifs practiced par la Ville de Bruxelles étaient devenus totalement déconnectés de la réalité des coûts et très largement inférieurs à ceux des autres communes bruxelloises. Les nouveaux tarifs restent inférieurs ou comparables aux tarifs moyens pratiqués dans les autres communes de la Région bruxelloise. »

Le coup dur de trop

L’inquiétude des clubs sportifs est d’autant plus grande que cette augmentation tarifaire survient dans un contexte financier déjà précaire.

Comme l’a signalé le conseiller communal d’opposition Écolo-Groen Benoit Hellings lors du dernier conseil du 20 avril, la Ville de Bruxelles a récemment réduit le budget des chèques sports, ainsi que le montant des subsides pour les clubs. De plus, ces subsides tardent à être versés, a rappelé celui qui a été échevin des sports sous la précédente législature.

Les acteurs de terrain confirment : « la majorité des entités sportives attend toujours que soient enfin soldés par la Ville de Bruxelles les subsides de fonctionnement 2024-2025 », révèle Olivier De Roy, secrétaire du club de basket Royal IV Brussels. « Tout aussi hallucinant, il n’y a toujours aucune trace, aucun document concernant les subsides de fonctionnement pour l’exercice 2025-2026, qui touche pourtant à sa fin. »

« Diminution des chèques sports, diminution des subsides, gros retards de paiements de ces subsides, et maintenant augmentation des tarifs d’occupation », énumère Benoit Hellings. « Cela met les clubs dans une situation quatre fois problématique. »