« Ils sont heureux de les voir exposés » : l’avenir des dessins d’enfants.
Rihanna a demandé à son tatoueur, Keith McCurdy alias Bang Bang, de lui graver l’un des gribouillages de sa progéniture. Laetitia, mère de deux enfants de 15 et 20 ans, a gardé les dessins dont ils hériteront plus tard, rangés dans le grenier dans des boîtes avec leurs cahiers d’école.
Un pistolet sous l’aisselle, un faucon sur la cheville et… des gribouillis derrière le genou. Les tatouages de Rihanna sont aussi connus que ses chansons, au point d’être imités par ses fans partout dans le monde. Cependant, son dernier tatouage est sujet à controverse. L’interprète de *Diamonds* a demandé à son tatoueur préféré, Keith McCurdy, alias Bang Bang, de lui graver à vie l’un des dessins de son enfant. C’est une œuvre qui, bien que belle, est plus sentimentale qu’esthétique.
Cette initiative originale a suscité des avis partagés parmi ses fans fidèles. Certains jugent que « les gens qui ont de l’argent ne savent pas quoi en faire », tandis qu’un autre exprime son souhait d’attendre que l’enfant soit plus âgé et qu’il dessine différemment. Néanmoins, beaucoup trouvent le concept « original » avec un utilisateur qui s’enthousiasme en déclarant : « C’est trop mignon… Mon objectif, c’est de faire ça quand j’aurai des enfants ». *20 Minutes* s’est alors interrogé sur la tendance des parents à transformer leur corps en boîte à souvenirs et a posé la question à ses lecteurs.
Un trait violet par ci, un rond par là, puis d’autres par-dessus, et encore d’autres… Les dessins d’enfants, à moins d’être un prodige, relèvent généralement davantage de l’émotion que de l’art. Si certains lecteurs n’hésitent pas à admettre que les créations de leur enfant se dirigent directement « au recyclage », la majorité les conserve avec soin dans des boîtes ou pochettes. « Je n’ai jamais jeté un seul dessin de mes deux fils, j’en ai des cartons entiers. Ce sont des trésors. Parfois j’ouvre un des cartons et je les regarde avec nostalgie », confie Sarah, 50 ans.
Certains parents choisissent de transformer ces gribouillis en véritables éléments décoratifs. « Depuis que j’ai trouvé les cadres pour mettre les dessins des enfants, je les garde et les superpose chaque fois qu’ils en font un », se réjouit Alphonsine, 36 ans. Ce choix dynamise l’intérieur de la maison. « C’est assez sympa car ça permet de changer à moindre coût et les enfants sont heureux de voir leurs œuvres d’art exposées », ajoute-t-elle. Un constat similaire est formulé par Jérémy, 37 ans, père de deux enfants, qui a embelli son intérieur avec les créations des petits. « Les plus beaux, les plus insolites ou les plus touchants finissent sur le mur de la cuisine. Ça donne un « petit » style Art déco ! », explique-t-il.
Pour plusieurs lecteurs, la conservation de ces créations ne se limite pas à un simple acte sentimental, mais elle est également liée à l’héritage. Laetitia, mère de deux enfants de 15 et 20 ans, raconte : « J’ai gardé les dessins dont ils hériteront plus tard. Ils sont rangés dans le grenier dans des boîtes avec leurs cahiers d’école ». La question de la transmission, qu’il s’agisse de montrer les œuvres de temps à autre ou de les donner, revient fréquemment. « J’ai mis leurs dessins et leurs cadeaux fabriqués à l’école pour les fêtes dans des grandes boîtes. J’adore [les] ouvrir et leur montrer leurs œuvres. C’est drôle », avoue Valérie.
Pour Jacqueline, 80 ans, cela s’est même transformé en un cadeau, mêlant héritage et nostalgie. « J’avais conservé des dessins de mes trois enfants. Il y a quelques années, j’ai acheté trois cartons à dessins et ai remis à chacun, pour Noël, le carton contenant ses chefs-d’œuvre. Ils en ont été très heureux ! ».
Quant à savoir s’il faut conserver ou jeter, aucune règle n’est établie. « Tout est une affaire de nuances et de mesures », précise Léa Didier, psychologue clinicienne et autrice de *Ça suffit mon amour !* (Albin Michel). « Si ça nous tient à cœur de les garder, il n’y a pas de questions à se poser, on les garde », ajoute-t-elle. Les parents peuvent jeter certaines œuvres, renseigne-t-elle, à condition de ne pas le faire devant les enfants afin d’éviter leur chagrin, et de garder celles qui semblent avoir une valeur particulière pour eux.
De nombreux parents choisissent de conserver ces dessins dans des cartons ou des boîtes, et les accrochent parfois au mur. Il est essentiel que cela ne se transforme pas en « survalorisation permanente ». « Les enfants ne doivent pas toujours attendre l’approbation ou les félicitations des parents, ils ne doivent pas chercher à les rendre fiers à tout prix, mais simplement être heureux de dessiner », conclut Léa Didier.

