Belgique

Le gouvernement ne cible pas les mutuelles pour réduire les malades de longue durée.

Le gouvernement souhaite contrôler 200.000 dossiers d’ici 2029 afin de remettre 100.000 personnes malades de longue durée au travail, ce qui pourrait rapporter près de 2 milliards d’euros. Elise Deroitte, vice-présidente des Mutualités chrétiennes, souligne qu’il y a aujourd’hui 232 médecins-conseils pour toutes les mutualités, ce qui est un nombre relativement restreint.


Pour le gouvernement, le nombre de personnes atteintes de maladies prolongées en Belgique est trop élevé. Il cible les mutuelles en se basant sur des rapports de l’Inami qui suggèrent que les médecins-conseils des mutuelles laissent trop de personnes en incapacité de travail alors qu’elles seraient capables de reprendre leur activité professionnelle. Toutefois, ces études, notamment celle de 2020, ont également été critiquées pour leur méthodologie.

### Elise Deroitte, vice-présidente des Mutualités chrétiennes, nuance les critiques

Les mutualités doivent rendre des comptes et font régulièrement l’objet de contrôles. « Notre travail est vérifié entre autres sur la rigueur avec laquelle nous contrôlons les incapacités de travail », explique Elise Deroitte. « Ce critère est évalué selon des règles qui nous permettent de recevoir notre financement. Ces règles montrent qu’il n’y a presque pas de différence entre nos décisions et le contrôle a posteriori effectué par l’Inami. »

### Le gouvernement veut contrôler 200.000 dossiers d’ici 2029

L’objectif du gouvernement est de réaliser des économies en remettant 100.000 personnes malades de longue durée au travail, ce qui pourrait rapporter près de 2 milliards d’euros. Cela nécessiterait 200.000 contrôles d’ici 2029. Cependant, la nécessité d’effectuer davantage de contrôles requiert des moyens, ce qui inquiète les mutuelles. Elise Deroitte précise : « Il y a aujourd’hui 232 médecins-conseils pour toutes les mutualités. Ce chiffre est relativement faible. Dans la réforme de Frank Vandenbroucke, il est prévu que nous voyions plus souvent les personnes en incapacité de travail, ce qui exercera une pression accrue sur ces médecins. »

### Pour Pierre-Yves Demuynck, médecin-conseil, « Il serait préférable de mieux cibler les patients à contrôler »

Pierre-Yves Demuynck, médecin-conseil aux Mutualités chrétiennes, souligne que la situation est complexe. « Sur papier ou sur écran, il est facile de dire qu’une personne a un potentiel de travail suffisant pour reprendre une activité. Il est essentiel de prendre en compte les zones grises, car certaines personnes doivent faire le deuil d’une partie de leur santé, d’un métier, de leurs moyens économiques. Dire à un malade, ‘c’est simple, vous étiez boucher, vous pourriez être caissier’, est réducteur. »