Nigeria : Quarante personnes tuées au nord par des bandes, l’armée riposte.
Des hommes armés ont tué une quarantaine de personnes dimanche dans le nord du Nigeria, selon deux rapports sécuritaires préparés pour l’ONU. L’armée nigériane a indiqué avoir, dans l’État de Zamfara, « tué plusieurs terroristes », dimanche dans le gouvernement local de Shinkafi.
La situation sécuritaire se détériore au Nigeria. Des hommes armés ont tué une quarantaine de personnes dimanche dans le nord du pays, d’après deux rapports de sécurité élaborés pour l’ONU et consultés par l’AFP lundi.

La partie nord de la nation la plus peuplée d’Afrique souffre d’une insécurité multifactorielle. Des groupes armés, surnommés bandits, pillent les villages, enlèvent et terrorisent les habitants, tandis que des groupes djihadistes sont également présents, principalement dans le nord-est ainsi que dans certains pays voisins.
État de sécurité déclaré depuis novembre
Depuis plusieurs mois, le Nigeria connaît une intensification des attaques de bandits et de djihadistes dans sa moitié nord, ce qui a conduit le président Bola Tinubu, qui se présente à un second mandat en janvier prochain, à déclarer l’état d’urgence sécuritaire en novembre.
Dans l’État de Zamfara dimanche soir, « les bandits ont tendu une embuscade aux voyageurs sur l’axe routier Magami-Dansadu dans le gouvernement local de Gusau […] Ils ont tué 30 personnes, y compris des civils, des chasseurs et un garde communautaire, et blessé de nombreuses autres personnes », indique le rapport. « Les forces de sécurité ont répondu à l’attaque et tué plusieurs bandits après des échanges de tirs », précise le rapport.
Dans un autre incident ce même jour, des bandits ont tué 12 personnes dans l’État voisin de Katsina, selon un autre rapport préparé pour l’ONU et consulté par l’AFP lundi. Dans un communiqué publié ce jour-là, l’armée nigériane a annoncé avoir « tué plusieurs terroristes », sans plus de précisions, dimanche dans le gouvernement local de Shinkafi dans l’État de Zamfara.
Des ripostes militaires qui causent aussi des victimes
Les bandits possèdent des camps dans une forêt qui s’étend à travers les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto et Kebbi dans le Nord-Ouest, ainsi que dans l’État de Niger à l’ouest, d’où ils lancent leurs attaques.
Face à la montée des attaques ces derniers mois, le président nigérian Bola Tinubu a ordonné un renforcement des effectifs militaires et policiers, mais la violence continue.
Dimanche, l’armée nigériane a déclaré avoir réalisé des frappes aériennes contre « des enclaves terroristes » dans l’État du Niger (centre-nord) et avoir tué « 70 bandits armés ». Selon des témoins interrogés par l’AFP, ces frappes ont également entraîné la mort de 13 civils.
Le président du conseil de la zone de gouvernement local de Shiroro, Isyaku Bawa, a déclaré à l’AFP que l’incident a eu lieu dimanche à Kusasu alors qu’un avion de chasse frappait des repaires de groupes criminels.
« Une frappe aérienne de l’armée de l’air nigériane visant une cachette de terroristes dans le village de Kusasu a touché par erreur des civils et tué environ 13 personnes », a-t-il déclaré. « Ce n’était pas intentionnel. J’exprime mes condoléances aux familles des victimes et nous leur demandons pardon pour ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.
Conflits autour de l’accès à l’eau et aux terres
Les violences causées par les bandits proviennent en partie de conflits entre éleveurs et agriculteurs liés à l’accès à des ressources limitées, telles que l’eau et les terres. Ces tensions sont exacerbées par le changement climatique. Ces affrontements intercommunautaires ont progressivement évolué vers l’émergence de réseaux organisés spécialisés dans le vol de bétail et les enlèvements contre rançon.
Le gouvernement nigérian a déployé des troupes dans l’État de Zamfara depuis 2015 pour lutter contre ces groupes armés, mais la violence persiste.
Les autorités locales ont également tenté à plusieurs reprises de négocier des accords de paix avec les bandits, sans parvenir à mettre fin durablement aux attaques.

