Hongrie : Péter Magyar prend le pouvoir pour changer de régime
Péter Magyar est devenu le nouveau Premier ministre de la Hongrie, élu par 140 voix pour, 54 contre et une abstention dans un Parlement où son parti Tisza détient 141 sièges sur 199. La nouvelle présidente du Parlement Agnes Forsthoffer a ordonné de hisser du drapeau européen sur le Parlement, après douze ans d’absence, pour marquer « symboliquement » le retour de son pays vers l’Europe.
C’est officiel : Péter Magyar a été élu ce samedi comme le nouveau Premier ministre de la Hongrie, apportant à son pays « l’espoir d’un nouvel élan », selon Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Cet homme politique conservateur pro-européen, qui a fait son apparition sur la scène politique hongroise il y a deux ans, a mis fin aux seize années de pouvoir sans partage de Viktor Orbán. Il a été élu avec 140 voix pour, 54 contre et une abstention dans un Parlement où son parti Tisza détient 141 sièges sur 199. Cet évènement s’est produit en l’absence de Viktor Orbán, qui a démissionné de son poste de député.
« Je ne régnerai pas sur la Hongrie, mais je servirai mon pays », a déclaré Péter Magyar, dénonçant la corruption du système Orbán qui a privé les Hongrois « des routes, hôpitaux, écoles » dont ils ont besoin. Il a également annoncé la création d’un bureau indépendant chargé de « mettre au jour les abus commis » au cours des vingt dernières années et de récupérer les sommes détournées.
À l’extérieur, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sous un ciel ensoleillé pour assister à la cérémonie d’investiture, retransmise sur de grands écrans autour du Parlement dont la silhouette néogothique se dresse au-dessus du Danube. Reka, une employée de centre d’appels âgée de 31 ans, a commenté : « Je pense que les gens ont enfin pris une bouffée d’air frais » et elle espère que le pays ira désormais « dans la bonne direction ».
Le nouveau Premier ministre doit faire face à de nombreux défis, notamment la stagnation de l’économie et la dégradation des services publics, qui nécessitent des réformes structurelles. Toutefois, les Hongrois attendent également des résultats « à court terme », a souligné Andrea Virag, directrice de la stratégie du centre de réflexion libéral Republikon.
Conscient que son état de grâce pourrait être de courte durée, Péter Magyar est pressé de faire adopter les réformes nécessaires pour « rapatrier » les fonds européens gelés à cause des violations passées de l’État de droit. La Hongrie fait face à une échéance en août, période durant laquelle elle pourrait perdre 10 milliards d’euros du plan de relance post-Covid. La semaine dernière, il s’est rendu à Bruxelles pour espérer obtenir d’ici fin mai le déblocage de ces fonds essentiels pour tenir ses promesses électorales.
Bien que Bruxelles se réjouisse de l’arrivée de Péter Magyar, qui a promis d’apaiser les relations avec l’UE, elle pourrait exiger des réformes concrètes avant de donner son accord. « En cette journée de l’Europe, nos cœurs sont à Budapest », a déclaré Ursula von der Leyen sur X, saluant « un signal fort en ces temps difficiles ».
Péter Magyar s’est engagé à rejoindre le Parquet européen, à lutter contre la corruption et à garantir l’indépendance de la justice et de la presse. La nouvelle présidente du Parlement, Agnes Forsthoffer, élue à quasi unanimité, a ordonné, comme première mesure, de hisser le drapeau européen sur le Parlement, après douze ans d’absence, pour marquer « symboliquement » le retour de son pays vers l’Europe.

