Moustiques : Les chauves-souris ne sont pas les meilleures alliées.
Cette année, les moustiques se manifestent plus que jamais en raison des épisodes de chaleurs succédant à des périodes de pluie. Dans le Bas-Rhin, une « tours fusées » a été installée à Rohrwiller tout près d’un parcours de santé et une autre à côté d’un parc de jeux pour enfants à Mothern.
Cette année, les moustiques, qu’ils soient tigres ou non, sont plus présents que jamais en raison des épisodes de chaleur qui font suite à des périodes de pluie. Face à cette situation, l’utilisation d’insecticides en spray peut sembler tentante pour se débarrasser de ces insectes pendant un apéritif ou une nuit tranquille. Cependant, cette option n’est pas la meilleure. En plus de ne pas être bénéfique pour l’environnement ou pour la santé, son efficacité reste discutable et elle peut également nuire aux prédateurs des moustiques. Heureusement, plusieurs solutions naturelles existent, notamment grâce aux chauves-souris, qui se révèlent être des alliées précieuses.
La pipistrelle, une espèce de chauve-souris mesurant entre 3,5 et 4,5 cm, est souvent observée en train de voler autour des lampadaires durant les soirées d’été. Selon Anaïs Allak, technicienne environnementale au Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67), elle consomme « près de 30 % de son propre poids en insectes en une nuit », ce qui représente près de 3 000 insectes. Par ailleurs, une colonie de 500 grands murins, également présente en France, peut ingérer une tonne d’insectes en une saison, souligne Derivaz, du groupe d’étude et de protection des chiroptères de l’Aude.
Pour aider à réguler naturellement les invasions de moustiques, il est essentiel de protéger les chauves-souris et de leur fournir un habitat. De nombreux projets sont en cours à travers le pays pour favoriser ces prédateurs naturels. Parmi ces initiatives, certaines consistent à réhabiliter des bunkers pour les héberger durant l’hiver ou à installer des « tours fusées », des gîtes sur des mâts élevés de trois à quatre mètres, qu’explique Anaïs Allak. Ces installations sont placées près des habitations, mais dans des espaces dégagés pour faciliter le vol des chauves-souris. Dans le Bas-Rhin, une tour a été mise en place à Rohrwiller, près d’un parcours de santé, et une autre à Mothern, proche d’un parc de jeux.
Dans le cadre de son plan de lutte contre les moustiques, la ville d’Erstein incite les habitants à construire des nichoirs pour chauves-souris. De son côté, Blagnac, dans la métropole de Toulouse, a lancé en 2018 un programme de nichoirs dans ses rues. Depuis mars 2026, elle teste également aux abords de quatre crèches un système de bornes antimoustiques fonctionnant avec du CO2 et des phéromones, conçu par une entreprise locale, sans danger pour l’homme et les écosystèmes.
Les autorités et les organismes de santé recommandent de privilégier les moyens de prévention naturels « classiques » pour lutter contre les moustiques, notamment en éliminant les zones de reproduction des larves. Cela passe par le vidage de l’eau stagnante dans les soucoupes, gouttières, seaux, bâches et jouets laissés à l’extérieur, ainsi que par la couverture des récupérateurs d’eau. Il est également conseillé de drainer l’eau accumulée sous les terrasses en bois. Ces mesures, essentielles, constituent un moyen efficace contre les moustiques, représentant entre 80 et 90 % de l’efficacité des actions mises en place.
Cependant, il est difficile de mesurer précisément la réduction des moustiques et il n’existe pas encore d’études suffisantes pour quantifier l’impact des nichoirs à chauves-souris sur leur population. « Il est encore tôt pour affirmer cela avec certitude. Les tours fusées sont récentes, mais elles contribuent à une régulation naturelle des moustiques », précise Anaïs Allak.
D’autres actions naturelles peuvent également être « complémentaires en favorisant d’autres prédateurs », ajoute Anaïs Allak, mentionnant les guppys, poissons qui se nourrissent des larves, ainsi que les grenouilles et les libellules. Ces solutions représentent une alternative préférable à l’utilisation d’insecticides.

