Apple retrouve Intel cinq ans après sa décision pour TSMC.
Apple et Intel ont signé un accord préliminaire pour qu’une partie des puces des appareils Apple soit fabriquée par Intel, selon le Wall Street Journal. L’accord, qualifié de « préliminaire », a été formalisé après plus d’un an de négociations intensives.
Apple et Intel ont conclu un accord préliminaire pour la fabrication de certaines puces des appareils Apple par Intel, selon le Wall Street Journal. L’action d’Intel a connu une hausse de 14 % vendredi, atteignant un nouveau sommet historique à plus de 130 dollars.
Il y a cinq ans, Apple avait décidé de se détourner d’Intel pour développer ses propres puces, les Apple Silicon. Tim Cook avait alors fortement critiqué les processeurs d’Intel, jugés trop énergivores, trop chauds et lents à évoluer.
Aujourd’hui, Tim Cook signe un partenariat avec Intel pour la production de puces destinées aux appareils Apple, un retour inattendu qui aurait pourtant dû être anticipé.
L’accord, annoncé vendredi par le Wall Street Journal, est qualifié de « préliminaire », bien qu’il soit le fruit de plus d’un an de négociations intensives.
Les détails concernant les puces concernées et le calendrier de production restent flous. Cependant, il est clair qu’Apple vend plus de 200 millions d’iPhone chaque année, ainsi que de nombreux iPad et Mac, ce qui rend la diversification de sa chaîne d’approvisionnement face à TSMC stratégique.
Du côté de Wall Street, l’impact est déjà visible : l’action d’Intel a grimpé de 14 % vendredi, atteignant 130,57 dollars en séance, un plus haut historique, ce qui représente une augmentation de 175 % depuis le début de l’année 2026 et plus de 430 % sur une période d’un an.
Il est important de préciser que ce retour ne signifie pas qu’Apple va adopter les processeurs conçus par Intel, utilisés dans les Mac jusqu’en 2020. Apple continuera de concevoir ses propres puces, désignées par des lettres comme M pour les Mac, A pour les iPhone, et S pour l’Apple Watch.
Intel agira en tant que fondeur, c’est-à-dire une usine sous contrat. C’est la même fonction que remplit TSMC depuis des années pour Apple, et c’est le domaine qu’Intel tente de développer avec sa division Foundry, qui a enregistré des pertes de 2,4 milliards de dollars au premier trimestre 2026. En somme, Apple ne s’engage pas avec Intel, mais loue ses capacités de production.
Reste à déterminer quelles puces seront fabriquées. Le processus le plus avancé d’Intel, le 18A, est censé rivaliser avec le 2 nm de TSMC, mais il n’a pas encore prouvé sa fiabilité à grande échelle. Il semble difficile qu’Apple confie ses puces M ou A de haute performance à un fondeur qui n’a pas encore réalisé de livraisons.
Le scénario le plus probable serait la fabrication de puces secondaires, comme celles de la série S de l’Apple Watch, ou des composants réseau et connectiques, pour préparer cette collaboration. Les premières puces Apple fabriquées par Intel ne devraient pas être prêtes avant 18 mois, selon des estimations de Decrypt.
Cet accord ne surgit pas de nulle part. Depuis août 2025, le gouvernement américain détient environ 9,9 % d’Intel, acquis pour 8,9 milliards de dollars via le CHIPS Act, une participation dont la valeur a déjà quintuplé.
Donald Trump aurait plaidé personnellement la cause d’Intel auprès de Tim Cook lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, avec le soutien du secrétaire au Commerce Howard Lutnick. Pour Apple, signer avec Intel constitue également une manière d’améliorer ses relations avec une administration fortement prompte à soutenir le « Made in USA » et qui a fréquemment rappelé Cook à l’ordre concernant sa dépendance à l’égard de l’Asie. En pratique, cet accord est à la fois industriel et politique.

