Tunisie

Virus Hanta : une spécialiste répond aux inquiétudes.

Le virus Hanta ne représente pas une menace pandémique mondiale et ne doit pas susciter d’alarmisme, selon la professeure en maladies infectieuses Rim Abdelmalek. Elle a précisé qu’il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement antiviral spécifique pour ce virus, qui est connu de la communauté scientifique depuis plusieurs décennies.


Le virus Hanta ne constitue pas une menace pandémique mondiale et ne doit pas engendrer d’alarmisme, a déclaré la professeure en maladies infectieuses Rim Abdelmalek, invitant à une analyse rationnelle de la situation sanitaire.

Intervenant vendredi 8 mai 2026 sur Express Fm, elle a précisé que ce virus, bien que récemment mentionné dans quelques cas isolés, n’est pas nouveau et appartient à une famille virale connue depuis les années 1930.

D’après elle, le virus Hanta se retrouve principalement en Asie, dans les Amériques et dans certaines régions d’Europe. Aucun cas local n’a été rapporté en Tunisie ni dans la plupart des pays africains.

La spécialiste a indiqué que les rongeurs sont le principal réservoir naturel du virus. La transmission à l’homme se fait essentiellement par inhalation de particules contaminées provenant des excréments ou de la salive de ces animaux, notamment dans des environnements clos ou mal ventilés. Elle a néanmoins souligné que la transmission entre humains reste très rare et limitée à des situations exceptionnelles.

En ce qui concerne les symptômes, la professeure a mentionné qu’ils varient en fonction des souches et des zones géographiques. Certaines formes peuvent entraîner des symptômes proches de ceux de la grippe, tandis que d’autres peuvent provoquer des complications sérieuses touchant les reins, le système respiratoire ou le cœur.

Elle a précisé que les souches présentes en Asie sont souvent liées à des atteintes rénales hémorragiques, tandis que celles observées en Amérique du Sud peuvent causer des syndromes respiratoires graves.

Rim Abdelmalek a aussi insisté sur le fait que les cas les plus graves concernent principalement les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, qui sont plus vulnérables aux complications. Elle a rappelé que la période d’incubation peut durer plusieurs semaines, justifiant ainsi la surveillance médicale des personnes qui ont été en contact.

De plus, elle a souligné que le virus Hanta n’est pas un agent émergent. Il est connu par la communauté scientifique depuis plusieurs décennies, avec une estimation annuelle de 100 000 à 150 000 cas à travers le monde, sans évolution vers une pandémie mondiale.

Enfin, la spécialiste a rappelé qu’il n’existe pas, à ce jour, de vaccin ni de traitement antiviral spécifique. La prise en charge repose essentiellement sur un traitement symptomatique adapté à chaque cas, incluant la gestion de la fièvre, le soutien respiratoire et le traitement des complications.

Elle a conclu en appelant à éviter la désinformation et la surmédiatisation du sujet, en soulignant que les mesures sanitaires actuelles sont basées sur des protocoles de prévention standards, le virus ne présentant pas les caractéristiques requises pour provoquer une crise sanitaire mondiale.