Sécurité alimentaire : la Tunisie soumet des propositions au MED9++ à Rome
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a participé jeudi 7 mai 2026 à la réunion ministérielle du sommet MED9++ tenue à Rome, consacrée aux enjeux de sécurité alimentaire et d’approvisionnement en engrais. Il a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité alimentaire mondiale et un accès équitable aux intrants agricoles, appelant à une position commune pour condamner toute utilisation de la faim comme instrument de pression ou de conflit.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a pris part jeudi 7 mai 2026, par visioconférence, à la réunion ministérielle du sommet MED9++ qui s’est tenue à Rome. Cette réunion était consacrée aux questions de sécurité alimentaire et d’approvisionnement en engrais.
Près de 40 pays, ainsi que plusieurs organisations régionales et internationales, étaient présents, sous la présidence du ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et du chef de la diplomatie croate, Gordan Grlić Radman, qui assure la présidence du sommet.
Les discussions ont principalement porté sur le renforcement de la coordination entre les États en matière de sécurité alimentaire, dans un contexte marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et des défis concernant l’accès aux engrais, en utilisant notamment des routes stratégiques internationales.
Lors de son intervention, le ministre tunisien a souligné l’importance de garantir la sécurité alimentaire mondiale et un accès équitable aux intrants agricoles, appelant à une position commune pour condamner toute utilisation de la faim comme instrument de pression ou de conflit.
Il a aussi présenté plusieurs propositions visant à renforcer la coopération dans le cadre du mécanisme MED9++. Parmi celles-ci, il a suggéré de diversifier les sources d’approvisionnement en matières premières, notamment pour la production d’engrais, afin d’atténuer les conséquences des tensions géopolitiques et d’améliorer la résilience régionale.
Le ministre a par ailleurs plaidé pour le soutien à la production locale et régionale, qu’il a définie comme un choix stratégique et souverain, en investissant dans les chaînes de valeur agricoles et en renforçant les transferts de technologies et l’innovation.
En outre, il a proposé l’établissement de mécanismes de financement innovants adaptés aux pays du Sud, dans le but de soutenir leurs systèmes de production et de les rendre plus résilients face aux fluctuations des marchés mondiaux.
La création de systèmes régionaux d’alerte précoce et de coordination logistique a également été proposée pour renforcer la capacité collective des pays concernés à anticiper les crises et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
Enfin, la Tunisie a plaidé pour un accès plus équitable des produits agricoles des pays du Sud aux marchés européens, grâce à des mécanismes de facilitation qui reflètent une logique de solidarité et de partage des bénéfices.
Le ministre a estimé que ces orientations s’inscrivent dans la dynamique portée par l’initiative européenne du Pacte pour la Méditerranée, en soulignant que le principal défi est maintenant de transformer ces initiatives en engagements concrets, avec des mécanismes de mise en œuvre et des ressources adéquates.
En conclusion, il a insisté sur la nécessité de renforcer un secteur agricole moderne et résilient, capable de répondre aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux, tout en garantissant un accès stable et équitable aux intrants agricoles et une gestion durable des ressources en eau.
Il a enfin affirmé que la Tunisie dispose du potentiel nécessaire pour devenir un centre régional de production et de distribution d’engrais phosphatés, ce qui contribuerait à la sécurité alimentaire de plusieurs pays dépendant de cette ressource stratégique.

