Lozère : Un ex-dentiste ne sera pas libre avant six ans.
Un ex-dentiste de 61 ans, José Pereira Mendes, a été condamné jeudi 7 mai à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mende pour avoir pratiqué des opérations médicalement injustifiées et avoir escroqué massivement la Sécurité sociale. Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive d’exercer la profession de dentiste et une interdiction définitive du territoire français.
Un ex-dentiste de 61 ans, José Pereira Mendes, a été condamné à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mende, le jeudi 7 mai. Il a été reconnu coupable d’avoir effectué des interventions médicalement injustifiées et souvent mal réalisées, ayant ainsi mutilé des dizaines de patients en Lozère. En outre, il a été déclaré coupable d’escroquerie envers la Sécurité sociale.
« Monsieur José Pereira Mendes, vous êtes reconnu coupable de tous les faits qui vous étaient reprochés et vous condamne à six ans, avec mandat de dépôt », a déclaré le président du tribunal, Yves Gallego. Le tribunal a également imposé une « interdiction définitive d’exercer la profession de dentiste » ainsi qu’une « interdiction définitive du territoire français ». Le prévenu, de nationalité portugaise, n’a pas réagi à la décision.
Lors du procès, le procureur avait requis sept ans de prison, décrivant un praticien ayant « mis à profit ses connaissances professionnelles […] à la seule fin de récupérer des sommes indues, en mutilant ses patients ». Selon lui, le dentiste avait réalisé « un travail inutile, bâclé, risqué », en arrachant des dents saines pour poser des implants défectueux. Plusieurs victimes ont témoigné de lourdes interventions sans justification médicale. Certaines souffrent de conséquences physiques et psychologiques graves. « Il a mortifié la dentition de dizaines de patients […] il leur a enlevé leur dignité », a souligné le procureur. Les faits se sont déroulés entre 2018 et début 2021 dans la région de Mende.
« Je regrette absolument que les choses n’ont pas bien marché. Je les ai tous soignés pour que tous aient un meilleur avenir », avait déclaré José Pereira Mendes avant le retrait du tribunal pour délibérer, imputant son arrestation à l’arrêt prématuré des soins. « Le Dr Mendes pensait que ses actes étaient nécessaires, en son âme et conscience. Il n’avait aucune intention de gagner de l’argent sur votre état de santé, de faire de votre carte vitale une mine d’or », a plaidé son avocat, Me Kominé Bocoum.
Catherine Szwarc, l’une des avocates des quelque 45 anciens patients et proches qui se sont constitués parties civiles, a critiqué le praticien en affirmant : « Arracher, implanter, facturer ! Voilà son credo ». Un autre avocat, Michel Chomiac de Sas, a exprimé son désespoir en déclarant qu’il ne ressentait pas de prise de conscience concernant les dégâts laissés derrière lui.
Quarante-quatre patients ont été identifiés comme victimes dans le dossier d’instruction, mais leur nombre pourrait être plus élevé, car la Sécurité sociale a constaté 1.234 anomalies dans 131 dossiers, pour un préjudice estimé à plus de 330.000 euros. « J’avais l’habitude de faire de la purée pour mes enfants, je ne pensais pas devoir le faire pour mon mari de 41 ans, qui mange comme un bébé de 12 mois », a déclaré Daniela, 34 ans.
Anabela, 47 ans, a raconté : « Je suis morte depuis six ans. Je suis allée le voir pour un abcès, il m’a arraché toutes mes dents ». Sa fille, Raquel, 28 ans, a ajouté : « Dr Mendes, vous avez détruit ma famille. Ma mère mange tout en mixé, elle a voulu en finir ». Pierre, 54 ans, a décrit son expérience en disant : « C’était une boucherie, 14 dents extraites en deux heures ». L’avocate de l’Ordre des chirurgiens-dentistes a noté qu’il a « tristement illustré pourquoi la moitié des Français ne consultent pas leur dentiste », en déplorant qu’il ait « jeté le discrédit sur toute une profession ».
Le procureur a qualifié cette affaire d’« hors norme », mentionnant de rares précédents, dont celui des dentistes marseillais Lionel et Jean-Claude Guedj, condamnés en octobre 2023 à huit et cinq ans d’emprisonnement respectivement pour avoir mutilé environ 400 patients dans les quartiers populaires de Marseille. La question des intérêts civils a été renvoyée à une audience prévue pour le 7 décembre prochain, tout en ordonnant le versement de provisions de plusieurs milliers d’euros à plusieurs dizaines de victimes.

