Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon choisit la tortue comme animal totem.
Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il serait de nouveau candidat à la présidentielle en 2027. Dans les récents sondages présidentiels, le candidat insoumis est placé en troisième ou quatrième position (11-13 %).
C’est reparti pour une quatrième campagne. Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il serait de nouveau candidat à la présidentielle en 2027. « Nous c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a déclaré le tribun sur TF1 dimanche soir. Bien qu’il ait annoncé vouloir être « remplacé » après sa défaite en 2022, il figure finalement sur la ligne de départ. Le leader de La France insoumise (LFI) a simplement estimé être « le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive ». Sur le site de soutien à sa candidature, une tortue apparaît à plusieurs reprises comme un emblème de campagne. Pourquoi est-elle devenue son « animal totem » et quel est le lien avec les sondages ?
« Rien ne sert de courir »
L’image n’est pas nouvelle. Le 16 janvier 2022, lors d’un meeting à Nantes, Jean-Luc Mélenchon évoquait déjà l’animal en citant la célèbre fable de Jean de La Fontaine : « Faites confiance à une tortue électorale, sagace comme moi. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j’ai déjà épuisé quelques lièvres hein… » Il se moquait alors de ses rivaux de gauche, notamment de Christiane Taubira, engagée dans la « primaire populaire » à laquelle il ne veut pas participer. Suite à cela, l’émoji tortue est devenu un symbole d’adhésion à LFI sur les réseaux sociaux. Ce qui amuse le concerné, en meeting à Tours, le 3 février : « Depuis, tout le monde met des tortues partout, c’est sympa je trouve ». La tortue (sagace) devient peu à peu un symbole du tribun, qu’il reprend lui-même sur ses réseaux sociaux.
La tortue et les sondages
Il n’est donc pas surprenant de retrouver la tortue pour ce lancement de campagne présidentielle.
« La tortue symbolise quelqu’un qui part de loin et, parce qu’il est suffisamment robuste, tenace et obstiné, arrive finalement à couper la ligne en tête. Il y a ce côté force tranquille, qui avance à son rythme, cela va bien à Jean-Luc (Mélenchon) », a déclaré le député de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel. Dans les derniers sondages présidentiels, le candidat insoumis se place en troisième ou quatrième position (11-13 %), mais ses partisans sont convaincus qu’il saura combler son retard. « Les sondages minorent toujours notre score et majorent toujours celui de l’extrême droite, comme c’était le cas déjà un an avant la présidentielle 2022 », a soufflé Eric Coquerel. En mai 2021, Jean-Luc Mélenchon était également noté entre 11 et 13 % dans les enquêtes d’opinion. Il terminera à 21,95 % au soir du premier tour, à environ 420 000 voix de la qualification.
À travers l’image de la tortue, les insoumis envisagent une nouvelle remontée. Cependant, en critiquant les sondages qu’ils jugent « bidonnés », les responsables de LFI « oublient » que leur candidat avait surtout bénéficié en 2022 d’un large vote utile dans la dernière ligne droite, lui permettant de capter les voix d’Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel.
« Le vote est volatil. Le choix des Français se cristallise parfois dans les toutes dernières semaines de campagne », a récemment indiqué Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna Harris Interactive. Or les détracteurs de Jean-Luc Mélenchon rappellent combien l’insoumis a terni son image auprès des Français depuis quatre ans, au fil des polémiques et des accusations d’antisémitisme. « Mélenchon a un socle électoral de premier tour. Mais son plancher est devenu son plafond. Il a contribué à isoler l’extrême gauche du reste de la gauche, et c’est désormais le pire candidat face à Jordan Bardella », a récemment déclaré à 20 Minutes Sacha Houlié, député proche de Raphaël Glucksmann.
La tortue romaine
Il faut également noter que la tortue a d’autres vertus. En plein cœur de l’affaire Quentin Deranque, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau mentionné l’animal pour illustrer la capacité des insoumis à faire bloc en période de crise. « Aucun d’entre nous […] n’a rompu les rangs. La tortue n’est pas seulement mon animal totem de combat politique. C’est une figure de combat de l’armée romaine. L’un tient le bouclier qui protège devant et l’autre celui qui couvre le côté », a-t-il écrit sur son blog le 24 février dernier.
Au même moment, François Hollande a déploré le soutien indéfectible du tribun insoumis pour la Jeune Garde, mise en cause dans l’affaire Deranque, en utilisant lui aussi l’image… de la tortue. « Plutôt que de faire amende honorable pour essayer de retrouver une forme de responsabilité politique qui lui permette de solliciter le suffrage universel », Jean-Luc Mélenchon « se met dans une position, si je puis dire, de tortue : on se carapace pour essayer de tenir bon. C’est une double faute et il le paiera ». En politique comme ailleurs, chacun se fait ses propres fables.

