Menace de blackout : l’Europe impose des actions contre les panneaux solaires chinois.
L’Union européenne ne subventionnera plus les projets photovoltaïques équipés d’onduleurs chinois depuis début avril 2026. La Commission européenne estime que la dépendance à ces équipements représente un risque majeur pour les infrastructures critiques de l’UE.

C’est une annonce qui crée un bouleversement dans le secteur des énergies renouvelables. L’Union européenne a officiellement décidé de mettre fin aux subventions pour les projets énergétiques utilisant des technologies chinoises considérées à risque pour son réseau électrique.
L’onduleur : un maillon essentiel et vulnérable
Si les panneaux solaires captent l’énergie solaire, c’est l’onduleur qui effectue la conversion du courant continu en courant alternatif, permettant ainsi son injection dans le réseau. Toutefois, ces appareils fonctionnent comme de véritables ordinateurs connectés.
Actuellement, une part importante des installations en Europe dépend de matériel en provenance de pays jugés par Bruxelles comme ayant un « risque élevé », principalement la Chine, mais également la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. La Commission européenne considère désormais que cette dépendance à ces équipements représente un risque significatif, redoutant même un blackout orchestré à distance.
Les risques d’une cyberattaque à grande échelle
Les onduleurs chinois sont connectés à internet pour le suivi de leur production, ce qui les rend vulnérables à une attaque coordonnée par une puissance étrangère. Siobhan McGarry, porte-parole de la Commission européenne, précise que l’utilisation de ces équipements par des hackers « pourrait se traduire par un arrêt à distance des réseaux des États membres, entraînant des coupures d’électricité à l’échelle nationale. »

Ces préoccupations reposent sur des enquêtes critiquant les fabricants asiatiques. Certains onduleurs pourraient intégrer des systèmes de communication dissimulés, susceptibles de recevoir des instructions directes de Pékin pour perturber le réseau électrique. Des chercheurs américains soulignent qu’aucune preuve formelle d’espionnage n’a été établie, mais confirment la présence de failles de sécurité réelles sur ces appareils.
D’autre part, la méfiance de l’Occident vis-à-vis des objets connectés chinois ne se limite pas aux panneaux solaires. Une inquiétude similaire se développe dans le secteur automobile, plusieurs pays européens se rendant compte que les véhicules électriques chinois pourraient également être contrôlés ou rendus inutilisables à distance.
La réponse de Bruxelles : des mesures restrictives pour garantir la souveraineté
Face à ce qui est perçu comme une menace sérieuse pour les infrastructures critiques de l’UE, des sanctions ont été mises en place. Depuis début avril 2026, les financements européens sont suspendus pour les nouveaux projets utilisant des onduleurs de marques controversées, telles que les géants chinois Huawei et Sungrow, à l’exception d’une courte période de transition pour les projets déjà très avancés.
À long terme, une législation européenne concernant la cybersécurité pourrait interdire totalement la vente d’onduleurs jugés à « haut risque ». L’objectif est clair : réduire la domination chinoise et favoriser les composants fabriqués sur le sol européen. En cas d’impossibilité, Bruxelles recommande de se tourner vers des fournisseurs basés au Japon, en Corée du Sud, aux États-Unis ou en Suisse.

Pour l’heure, seules les initiatives professionnelles à l’échelle européenne sont touchées. Cependant, des mesures législatives au niveau des États pour les projets destinés aux consommateurs pourraient également voir le jour. En France, les panneaux chinois subissent déjà une discrimination relative aux aides grâce à un nouveau calcul de TVA mis en place récemment.
Cette volonté de relocalisation et de désengagement vis-à-vis de la filière chinoise va au-delà des préoccupations de cybersécurité. Aux États-Unis, on s’est également penché sur l’éthique de la chaîne d’approvisionnement, ayant récemment interdit l’importation de cellules solaires chinoises, soupçonnées d’être issues du travail forcé de la minorité ouïghoure.

